Reprise sous tension des négociations Unedic

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REPRISE DES NÉGOCIATIONS SUR L'ASSURANCE CHÔMAGE
REPRISE DES NÉGOCIATIONS SUR L'ASSURANCE CHÔMAGE

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Les partenaires sociaux reprennent jeudi leurs négociations sur l'assurance chômage dans un climat tendu par les soubresauts du projet gouvernemental de réforme du Code du travail, en début de parcours au Parlement, et par les exigences patronales.

Cette session coïncide avec une nouvelle journée d'action des syndicats contestataires, CGT et Force ouvrière en tête, et d'une vingtaine de mouvements de jeunes, qui exigent le retrait du texte porté par la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

Les intermittents du spectacle, qui discutent parallèlement de leurs règles spécifiques d'indemnisation, menacent d'ouvrir un autre front à l'approche des festivals d'été.

Le Medef a pour sa part menacé de se retirer de ces négociations si le gouvernement ne rétablit pas dans sa version initiale le projet El Khomri, qu'il juge vidé de sa substance par les modifications qui lui ont été apportées.

La CGPME a quant à elle annoncé qu'elle ne signerait pas un accord sur l'assurance chômage s'il prévoit de surtaxer les contrats de travail à durée déterminée (CDD).

Or c'est précisément un des points clefs de la négociation pour les syndicats qui veulent, avec le soutien du gouvernement, mettre fin à un abus croissant d'alternance de contrats courts et de périodes de chômage indemnisé, très coûteux pour l'Unedic, l'organisme gestionnaire de l'assurance-chômage.

Plusieurs pistes sont sur la table, de la surcotisation dégressive selon la durée du contrat de travail proposée par la CFDT à un système de bonus-malus en passant par l'idée d'un taux de cotisation pivot. Mais le Medef n'en évoque aucune dans le document de travail qu'il a transmis mardi soir aux syndicats.

Plusieurs de ses neuf propositions risquent au contraire de braquer les syndicats, comme l'idée de faire varier la durée d'indemnisation en fonction de l'évolution du taux de chômage constatée sur deux trimestres consécutif ou le relèvement de l'âge d'entrée dans la catégorie senior.

"C'est un mélange de provocation inutile et de règlement de comptes avec le gouvernement et un mauvais document de départ", a dit à Reuters la négociatrice de la CFDT, Véronique Descacq.

EN ATTENDANT LE 9 MAI

Il n'est pas question notamment, pour la CFDT, d'accepter une dégressivité des allocations, quelles que soient les circonstances, a-t-elle précisé.

"Nous, nous souhaitons travailler en priorité sur les cotisations dégressives en fonction des contrats et le maintien dans l'emploi des seniors", a ajouté la dirigeante cédétiste, selon qui la session de jeudi risque d'être "chaude".

Son homologue de la CFTC, Eric Courpin, ne désespère pas d'un compromis, à terme, sur la question des contrats courts mais rien de conclusif ne pourra, selon lui, être fait jeudi.

Côté Medef, on assure que le document transmis mardi soir n'est encore qu'un ensemble de pistes et non un texte structuré.

On annonce de même source une session encore consacrée pour l'essentiel au diagnostic et à des discussions techniques, dans l'attente d'une réponse du gouvernement à l'ultimatum adressé le 19 avril par le président de l'organisation, Pierre Gattaz.

"Nous sommes toujours dans l'expectative. On n'est pas encore dans la négociation. On verra après le conseil exécutif du 9 mai", explique-t-on au Medef.

C'est ce jour-là que cette instance dirigeante du Medef est censée décider de la suite qu'il donnera à la négociation, en fonction de l'évolution du débat sur la loi Travail.

Le Premier ministre, Manuel Valls, a invité le 20 avril Pierre Gattaz à ne pas "prendre en otage la négociation sur l'assurance chômage".

Selon les dernières prévisions financières de l'Unedic, l'assurance chômage sera en déficit de 4,2 milliards d'euros en 2016 et 3,6 milliards en 2017, portant son endettement à 33,6 milliards fin 2017 si rien n'est fait pour y remédier.

Malgré le plus fort recul du chômage depuis septembre 2000 en mars dernier, le nombre de chômeurs sans aucune activité reste supérieur en France à 3,5 millions, proche de 5,5 millions en comptant ceux qui ont une activité réduite.

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