Rénovation thermique : des travaux trop peu efficaces

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L'UFC-Que choisir et l'Ademe pointent la qualité insuffiante des travaux réalisés pour améliorer les performances énergétiques des logements.

La facture énergétique des Français pour leur logement a fortement augmenté ces dernières années. «Entre 2007 et 2013, la hausse a atteint 23 %, la facture passant de 1376 à 1702 euros par an en moyenne», détaille Alain Bazot, président de l'UFC-Que choisir. Pourtant, les particuliers bénéficient de nombreuses aides pour rénover leur logement (CIDD, éco-PTZ, TVA...) et faire baisser leur consommation d'énergie. En 2011, 7 milliards de fonds publics ont été consacrés à ces programmes et 14 milliards de fonds privés. Mais, à l'arrivée, sur les 2,5 millions de logements rénovés, seuls 163.000 l'ont été de façon performante, selon l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). «C'est un vrai gaspillage», estime Alain Bazot.

Les raisons? Les travaux d'isolation, de rénovation des chaudières ou d'aération réalisés sont insuffisants, faute d'une bonne information des consommateurs et des professionnels. Cela concerne autant les indépendants (certifiés «RGE») que les partenaires des groupes EDF et GDF Suez, selon l'association de consommateurs, qui a contacté 34 professionnels (29 se sont déplacés) pour réaliser le diagnostic énergétique de cinq maisons. Selon les auteurs de l'étude, tous les professionnels recommandent des matériaux aux performances énergétiques minimales (donc pas toujours assez efficaces), qui correspondent aux critères d'éligibilité aux aides. Les diagnostics ont aussi été mal posés: les propriétaires des maisons n'ont reçu que 8 rapports personnalisés et exhaustifs. Les professionnels n'ont fait, en quasi-totalité, que des propositions partielles de travaux, et la majorité des indépendants (8 sur 13) n'ont proposé que des travaux en lien avec leur corps de métier. Alors que le gouvernement prépare un projet de loi sur la transition énergétique, qui pourrait être examiné par l'Assemblée nationale lors d'une session extraordinaire prévue en septembre prochain, l'UFC-Que choisir avance des propositions pour améliorer le système.

«Il faut revoir le dispositif de fond en comble, renforcer de façon drastique la formation des professionnels, les contrôles et développer une filière d'experts indépendants capables d'aider le consommateur dans l'ensemble de ses démarches», explique-t-on à l'UFC-Que choisir. L'association plaide pour la mise en place d'un «architecte énergéticien» qui aurait un vrai rôle de coordination et pour une amélioration du financement «visant à mettre la performance au c½ur de la logique des aides». «Ce que l'on propose, c'est que les aides soient moindres sur les performances énergétiques faibles mais plus importantes lorsque les résultats le sont également», conclut l'UFC-Que choisir.

Danièle Guinot

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