Renault prié de revoir le mode de rémunération de son dirigeant

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RENAULT PRIÉ DE REVOIR LE MODE DE RÉMUNERATION DE SON DIRIGEANT
RENAULT PRIÉ DE REVOIR LE MODE DE RÉMUNERATION DE SON DIRIGEANT

PARIS (Reuters) - Le Haut Comité de gouvernement d'entreprise de l'Association française des entreprises privées (Afep) et du Medef a annoncé jeudi avoir recommandé au groupe Renault "des évolutions significatives du mode de rémunération" de son dirigeant.

L'instance créée en 2013 pour veiller au respect du Code Afep-Medef, qui concerne le gouvernement d'entreprise sous tous ses aspects (rémunérations, déontologie...) précise dans un communiqué avoir transmis ses recommandations au PDG Carlos Ghosn et au comité des rémunérations du groupe automobile à la suite de la polémique sur la rémunération du dirigeant de Renault au titre de 2015.

"Le Haut Comité estime que l'esprit du Code Afep-Medef et les principes de la démocratie actionnariale imposent que le conseil d'administration, après consultation des principaux actionnaires pour mieux comprendre leurs attentes, décide d'introduire des évolutions significatives du mode de rémunération, dans le sens des recommandations que le Comité a formulées", peut-on lire dans le communiqué.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès de Renault.

Le 29 avril, le conseil d'administration du constructeur avait confirmé la rémunération de Carlos Ghosn peu après une assemblée générale des actionnaires marquée par le rejet à 54,1% des voix des montants attribués au PDG lors du vote consultatif dit "say on pay".

La rémunération totale de Carlos Ghosn au titre de 2015 a atteint 7,2 millions d'euros - 1,23 million de salaire fixe, 1,78 million de salaire variable et 4,18 millions de stock-options et de bonus différés.

Dans son communiqué du 29 avril, le conseil d'administration de Renault avait également annoncé avoir confié à son comité des rémunérations la mission d'"examiner les évolutions utiles de la structure de rémunération pour les années 2016 et suivantes".

Dans une interview publiée jeudi par Le Figaro, le président du comité des rémunérations de Renault, l'ancien gérant d'Hermès Patrick Thomas, estime qu'il sera en mesure de présenter ces nouvelles modalités dans les prochaines semaines ou les prochains mois.

"Je suis parfaitement conscient que le vote des actionnaires du 29 avril nous oblige", ajoute-t-il, avant de préciser: "La voie sera étroite, les motivations de nos actionnaires ne sont pas forcément identiques."

"Notre rôle, en tant qu'administrateurs, est de nous assurer que Renault continue de bénéficier du talent de Carlos Ghosn, ce n'est pas de trancher le débat de fond sur le partage des richesses dans nos sociétés, ni d'empêcher le gouvernement de légiférer sur le sujet des rémunérations patronales", poursuit-il.

En mars, le quasi-doublement de la rémunération du président du directoire de PSA Carlos Tavares, reflet du retour des actions de performance, avait également suscité une controverse et l'opposition de l'Etat actionnaire. Mais en assemblée générale, les actionnaires avaient voté pour.

(Sophie Louet et Gilles Guillaume, édité par Dominique Rodriguez)

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  • phili646 il y a 7 mois

    Suite à la crise de 2008 Peugeot a bénéficier des aides de l'état sous forme de prêts que les dirigeants n'ont pas refusé. Ce qui autorise les pouvoirs publics a exprimé des recommandations. sinon la prochaine fois !!!!