Renault : Carlos Ghosn fait un geste sur son bonus

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Conditionnée à la performance de l'entreprise, la part variable de sa rémunération est ramenée de 150% à 120% de son salaire fixe qui, lui, ne change pas.

L'État sera-t-il mis en minorité l'an prochain, à l'assemblée générale de Renault? Le conseil d'administration du constructeur a en tout cas rendu publiques de nouvelles modalités de calcul de la rémunération variable de Carlos Ghosn, espérant ainsi satisfaire les grands investisseurs institutionnels qui, en avril, avaient joint leurs voix à celle de l'État actionnaire et créé une première dans l'histoire du capitalisme français: le rejet, consultatif, de la rémunération du PDG.

» LIRE AUSSI: Rémunération de Carlos Ghosn: les administrateurs de Renault se défendent

Depuis, le comité des rémunérations de Renault, présidé par l'ancien patron d'Hermès Patrick Thomas, a multiplié les échanges avec les investisseurs et les agences de conseil en gouvernance d'entreprise. Mais aussi avec le Haut Comité de gouvernement d'entreprise créé par le Medef et l'Afep, gendarme de l'autorégulation patronale qui devrait rendre son verdict dans quelques jours, ainsi qu'avec les équipes de Bercy. Avec le gouvernement, les positions restent différentes: selon nos informations, le représentant de l'État au conseil de Renault, Martin Vial, a voté contre les nouvelles propositions.

Effort de transparence

Concrètement, la part variable du PDG est plafonnée à 120% du fixe, contre 150% auparavant. Au titre de 2015, ce dernier avait reçu un salaire fixe de 1,23 million d'euros (stable depuis 2011, et qui reste inchangé) et une part variable de 1,783 million, représentant 145% du fixe. En cas de «surperformance financière» -non atteinte en 2015-, le variable peut, comme auparavant, être porté à 180% du fixe. Mais ce sont surtout les modalités de fixation de ces bonus qui changent. Elles feront davantage référence à des critères quantitatifs (rentabilité, marge opérationnelle, cash-flow) que qualitatifs (qualité du management). Surtout, les critères sont désormais publics.

Cet effort de transparence s'accompagne de la «décision personnelle de Carlos Ghosn de consacrer chaque année 1 million d'euros de sa rémunération variable aux actions soutenues par la Fondation Renault». En revanche, les modalités d'attribution d'actions de performance (100.000 au titre de 2015, comme l'année précédente, mais conditionnées à la réalisation d'objectifs de long terme) ne changent pas. C'est la valorisation de ces actions de performance qui avait fait gonfler à plus de 7 millions d'euros le chiffre total des émoluments du PDG l'an dernier (en plus des 9 millions touchés chez Nissan). Un chiffre que Renault espère justifier ce jeudi avec la publication de résultats semestriels qui s'annoncent spectaculaires. Et sur lequel le comité des rémunérations, pour qui «il est de première importance pour Renault que Carlos Ghosn reste son PDG», n'est pas revenu.

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  • neutro il y a 4 mois

    Tout cela n'est que broutille devant les 100 millions + d'euro pour taper sur un ballon (voir Pogba...) sur lequel il n'y a pas de pliantes...