Refus d'enchères sur le pistolet qui a tué Trayvon Martin

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REFUS DE COMMISSAIRES-PRISEURS DE METTRE AUX ENCHÈRES LE PISTOLET QUI A TUÉ TRAYVON MARTIN
REFUS DE COMMISSAIRES-PRISEURS DE METTRE AUX ENCHÈRES LE PISTOLET QUI A TUÉ TRAYVON MARTIN

par Daniel Trotta

NEW YORK (Reuters) - Deux importants commissaires-priseurs américains spécialistes des armes à feu ont refusé vendredi d'organiser la vente du pistolet 9 mm avec lequel a été tué Trayvon Martin, un jeune Afro-Américain dont la mort, il y a quatre ans, avait donné lieu à de vastes manifestations aux Etats-Unis.

Le vendeur du 9 mm est George Zimmerman, vigile de quartier bénévole au moment des faits, qui a utilisé son arme le 26 février 2012 à Sanford, en Floride, tuant le jeune homme qui n'était pas armé.

Même le commissaire-priseur qui a vendu le revolver utilisé pour tuer l'assassin du président John F. Kennedy a déclaré qu'il ne voudrait pas de l'objet, même si Zimmerman le lui confiait.

George Zimmerman a été acquitté en 2013, couvert par les lois de légitime défense de l'Etat de Floride.

Les deux commissaires-priseurs, Wes Cowan de Cowan's Auctions à Cincinnati dans l'Ohio, et James Julia de la société James D. Julia Auctioneers à Fairfield, dans le Maine, ont dit vendredi avoir reçu des appels de Zimmerman pour organiser la vente du pistolet. Tous deux ont refusé de s'en occuper.

"L'homme est méprisable et je ne veux rien avoir à faire avec son arme", a dit James Julia, tandis que son confrère déclarait : "Moralement et éthiquement, non, je ne le ferais pas".

LES LIMITES DE l'ACCEPTABLE

Zimmerman, qui n'a pu être joint, a déclaré cette semaine sur une chaîne de télévision d'Orlando qu'il ne se laisserait pas impressionner par les critiques et qu'il avait le droit de vendre son arme.

Des opposants à Zimmerman ont organisé de fausses enchères en ligne, sur le site United Gun Group, offrant jusqu'à 65 millions de dollars (57 millions d'euros) vendredi, sous des pseudonymes de vendeurs tels que "Racist McShootFace".

Le meurtrier avait annoncé jeudi qu'il allait mettre son pistolet aux enchères en ligne sur Gunbroker.com.

Le collectionneur et vendeur d'armes Herman Darvick a rappelé pour sa part, qu'il n'avait eu aucun problème pour vendre le Colt de Jack Ruby, avec lequel celui-ci avait tué Lee Harvey Oswald, l'assassin du président Kennedy, le 24 novembre 1963. L'arme a été adjugée pour 220.000 dollars en 1991.

Il a toutefois estimé que vendre le pistolet de Zimmerman dépassait les limites de l'acceptable.

"Non, je n'y toucherai pas", a dit Darvick. "S'il doit finir quelque part, c'est dans un musée d'histoire noire-américaine. Il ne faut pas qu'il en retire un cent."

Le marché des armes historiques est florissant aux Etats-Unis, les ventes d'armes anciennes semblant plus acceptables, particulièrement dans le cas où elles ont appartenu à des figures mythiques, comme Jesse James, ou le couple de gangsters Bonnie Parker et Clyde Barrow.

Il reste toutefois rare que de telles armes arrivent sur le marché. Le fusil qui a servi à tuer John Kennedy est conservé aux archives nationales. Le Deringer de John Wilkes Booth, assassin du président Abraham Lincoln, est exposé au Ford's Theater Museum.

Cette dernière arme atteindrait un à deux millions de dollars dans des enchères, estime James Julia. Il y a dix ans, il a vendu le fusil de la police avec lequel Clyde Barrow a été abattu pour 69.000 dollars.

(Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle Rouquié)

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  • agavois1 il y a 11 mois

    mettre ce pistolet aux enchères ;un summum de la cupidité et de la co nerie humaine!!