Redeker : "L'idée de progrès nous contraint à tout accepter"

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Le don d'organes se passera désormais de notre consentement explicite. Une loi sous-tendue par l'idée que l'homme est désormais recyclable, selon Robert Redeker.
Le don d'organes se passera désormais de notre consentement explicite. Une loi sous-tendue par l'idée que l'homme est désormais recyclable, selon Robert Redeker.

Dans un livre* riche en références historiques et philosophiques, Robert Redeker s'attaque à une vache sacrée de notre temps : le progrès. Longtemps considéré comme un concept noble, synonyme de vie meilleure, il est devenu, sous certaines formes, une idéologie totalitaire. Entretien.

Le progrès est, nous dit-on depuis des décennies, « en marche ». C'est un « mouvement », comme vous l'écrivez, semblable à celui d'une colonne militaire en furie, qui se déploie dans bien des domaines. Cependant, vouloir le contenir, sinon lui opposer une résistance, apparaît souvent comme un acte rétrograde, presque une folie, une atteinte au bonheur de l'humanité... Peut-on critiquer le progrès ?

Robert Redeker : J'ai voulu dans ce livre, comme dans mes ouvrages précédents, travailler, ainsi que le conseillait Nietzsche, en médecin de la civilisation. Et même en addictologue, dans la mesure où le progrès est, comme la plupart des illusions collectives, un opium. Pour commencer à penser, il faut dire non, il faut prononcer un non radical. Ainsi Platon commence-t-il par dire non au monde sensible, Épicure non aux dieux, Rousseau non à la servitude, Marx non au capitalisme, etc. Notre époque doit dire non au progrès. Ce qui ne signifie pas dire non aux améliorations de l'existence humaine, mais non à l'idéologie du progrès, à la religion du progrès, à la croyance selon laquelle le progrès...

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