Recul du coût des catastrophes naturelles en 2015

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LE COÛT DES CATASTROPHES NATURELLES A RÉCULÉ À 27 MILLIARDS DE DOLLARS EN 2015
LE COÛT DES CATASTROPHES NATURELLES A RÉCULÉ À 27 MILLIARDS DE DOLLARS EN 2015

par Jonathan Gould

FRANCFORT (Reuters) - Les demandes d'indemnisation consécutives à des catastrophes naturelles ont diminué en 2015 à 27 milliards de dollars (24,8 milliards d'euros) et le coût total de ces événements est tombé à son plus bas niveau depuis 2009, a indiqué lundi le réassureur Munich Re.

Dans son rapport annuel sur les catastrophes naturelles, le numéro un mondial du secteur précise que cette évolution est notamment liée au phénomène climatique El Niño. D'une ampleur exceptionnelle l'an dernier, il a contribué à limiter la formation d'ouragans dans l'Atlantique Nord, et ces événements sont généralement à l'origine de demandes d'indemnisations particulièrement élevées.

Ce montant total de 27 milliards de dollars pour les demandes d'indemnisation l'an dernier est inférieur aux 31 milliards de dollars cumulés en 2014, ainsi qu'à la moyenne de 56 milliards de dollars sur dix ans, a souligné Munich Re.

"Nous avons été relativement chanceux en 2015: les puissants cyclones tropicaux ont souvent touché des zones peu densément peuplées ou ont complètement épargné les terres", a déclaré Peter Höppe, qui dirige le département de recherche sur les risques naturels du réassureur allemand.

Selon les données présentées par Munich Re, les catastrophes naturelles ont fait 23.000 morts en 2015, avec de nombreuses victimes recensées lors du séisme du 25 avril au Népal.

Ce bilan dépasse largement celui de 7.700 morts recensés en 2014 mais reste bien en deçà de la moyenne décennale de 68.000.

Le coût total des dégâts consécutifs à des catastrophes naturelles s'est élevé à 90 milliards de dollars l'an dernier, contre 110 milliards en 2014 et 180 milliards en moyenne décennale.

PERSPECTIVES INCERTAINES

Les réassureurs fournissent un soutien financier aux sociétés d'assurance, prenant en charge une partie des lourdes demandes d'indemnisation consécutive à des tempêtes ou des tremblements de terre en contrepartie d'une fraction des primes.

L'évolution à la baisse des demandes d'indemnisation profite au secteur de l'assurance, en soutenant les bénéfices. En revanche ce type d'évolution est moins favorable aux réassureurs, auprès desquels les assureurs tentent alors de renégocier les contrats à la baisse.

Le courtier en réassurance Willis Re a indiqué lundi que les prix des contrats de réassurance commençant en ce début d'année continuaient de reculer.

"Les reconductions de janvier ont malheureusement battu en brèche les espoirs des observateurs que les prix aient atteint un plancher", a dit le directeur général du groupe, John Cavanagh.

Pour autant, il estime que le secteur pourrait profiter de l'initiative internationale visant à évaluer les risques garantis auxquels le réchauffement climatique expose les entreprises. Cette initiative a été évoquée en septembre par le gouverneur de la Banque d'Angleterre Mark Carney.

Sans compter que Munich Re a prévenu que l'effet d'El Niño pourrait être inversé cette année et entraîner un renforcement de l'activité des ouragans.

Dans son rapport, Munich Re a présenté seulement des chiffres globaux et pas des données le concernant spécifiquement. Le réassureur doit présenter ses résultats annuels le 4 février.

(Avec Christoph Steitz, Myriam Rivet pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

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