Recrudescence des candidatures à l'armée après les attentats

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REGAIN DES CANDIDATURES À L'ARMÉE APRÈS LES ATTENTATS
REGAIN DES CANDIDATURES À L'ARMÉE APRÈS LES ATTENTATS

par Simon Carraud

PARIS (Reuters) - "Les attentats de Charlie Hebdo ont joué comme un déclic", dit Pierre qui, comme de nombreux jeunes, s'est engagé cette année dans l'armée après avoir vu à la télévision les images des attaques qui ont secoué la France.

Les bureaux de recrutement ont vu affluer les aspirants soldats depuis le mois de janvier, et plus encore depuis les attaques coordonnées qui ont fait au moins 130 morts vendredi dernier à Paris et près du Stade de France.

"C'est considérable", s'étonne le lieutenant de vaisseau Olivier Ribard, chef du bureau communication du service de recrutement de la marine nationale.

Depuis le début de l'année, les candidatures sur le site etremarin.fr, souvent la première étape dans la procédure de recrutement, ont plus que doublé: elles sont passées de 14.000 sur l'ensemble de 2014 à 36.000 jusqu'à présent en 2015.

Le phénomène s'est accentué ces derniers jours.

"Depuis le 13 novembre, on a une augmentation de 30% de visites sur le site et de 40% du nombre de candidatures par rapport à la semaine précédente", explique Olivier Ribard, qui avance l'effet de l'actualité comme principale explication.

Tous ne deviendront pas soldats puisque la marine sélectionne les candidats et ne prévoit de toute façon de recruter cette année que 3.500 nouveaux élus, âgés de 29 ans au maximum.

Cette forte hausse s'observe dans la marine, mais pas uniquement: entre le 1er janvier et le 30 septembre 2015, la fréquentation dans les centres d'information et de recrutement des forces armées (CIRFA) a progressé de 37%.

Le nombre de réservistes a suivi la même courbe.

Pierre, 26 ans, a franchi le pas en février, à la suite des attaques contre Charlie Hebdo et un commerce de produits casher car, dit-il, il a senti l'urgence de "servir les autres et (son) pays, prendre part à une oeuvre collective".

Il a alors remis à plus tard son projet de devenir professeur d'histoire-géographie et signé un contrat d'un an dans la marine. Aujourd'hui, il ne regrette pas, d'autant que "l'effroi" l'a de nouveau saisi le 13 novembre.

"Ça m'a renforcé dans mon idée et l'engagement a pris encore plus de sens", juge-t-il.

Depuis qu'il a enfilé l'uniforme, il a notamment servi pendant deux semaines sur un porte-hélicoptère à Toulon (Var) où il a trouvé "une vraie famille".

Et il aurait aimé monter à bord du porte-avion Charles-de-Gaulle, qui a appareillé mercredi pour la Méditerranée afin de participer aux opérations contre le groupe Etat islamique (EI), l'organisation à l'origine des attentats de la semaine dernière.

(Simon Carraud, édité par Yves Clarisse)

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  • g.marti4 le vendredi 20 nov 2015 à 18:36

    Bien !!! Mais comme les effectifs des Armées sont gelés, par grand monde sera engagé.