Quatre offres de reprise déposées pour la SNCM

le , mis à jour à 18:24
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QUATRE OFFRES DE REPRISE POUR LA SNCM
QUATRE OFFRES DE REPRISE POUR LA SNCM

MARSEILLE (Reuters) - Quatre offres de reprise des activités de la SNCM ont été déposées mercredi auprès des administrateurs judiciaires nommés par le tribunal de commerce de Marseille, qui statuera le 25 septembre sur l'avenir de la compagnie maritime placée en redressement judiciaire le 28 novembre 2014.

De source proche du dossier, on indique que la compagnie Baja Ferries, en liaison avec le groupe STEF, le transporteur corse Patrick Rocca et la société d'investissement Med Partners de Christian Garin, ancien président du port de Marseille, écartés en juin, ont de nouveau déposé un dossier.

Le tribunal de commerce avait rejeté le 10 juin leurs offres de reprise jugées "sans commune mesure avec la valeur des actifs de la société" estimée à plus de 200 millions d’euros.

La dernière proposition émane d'un consortium d’entrepreneurs corses, Corsica Maritima.

D'Orbigny Maritime, qui appartient au groupe STEF-TFE, spécialiste européen de la logistique du froid et propriétaire de la Compagnie Méridionale de navigation (CMN), partenaire historique de la SNCM, s'est positionné pour reprendre les liaisons avec la Corse, en complément de l'offre de Baja ferries qui ne concerne que les activités de la SNCM avec le Maghreb.

L'offre de D'Orbigny Maritime précise ainsi qu'elle est déposée de manière "conjointe et indissociable avec la proposition de reprise" des activités du Maghreb par France ferries, la structure que prévoit de créer Baja.

STEF ET BAJA REPRENDRAIENT 726 SALARIES

Dans un communiqué, STEF et Baja Ferries disent vouloir maintenir respectivement 535 emplois pour la desserte de la Corse et 191 pour les activités avec le Maghreb, sur des navires "sous pavillon français" comme le réclamaient les syndicats, soit la moitié environ des effectifs actuels.

"Nous avons souhaité réunir un tour de table regroupant des experts du maritime et des transporteurs routiers corses afin d’assurer la pérennité de la desserte de la Corse", a déclaré le président du groupe Stef, Francis Lemor.

"Notre association nous permet de présenter un projet solide industriellement et socialement", a ajouté son homologue de Baja Ferries, Daniel Berrebi.

Les repreneurs potentiels pourraient se rendre lundi à Bruxelles pour défendre leur projet devant la Commission européenne, avant de les présenter le 9 septembre devant le comité d'entreprise de la compagnie maritime.

"Ce qui se dessine dans ce dossier, c'est une facture sociale qui peut s'avérer plus grande avec seulement 600 à 800 postes maintenus sur les 1.500 que compte la compagnie", a dit à Reuters le délégué CFE-CGC, Maurice Perrin.

Toujours de source proche du dossier, la SNCM disposerait d'une trésorerie de 55 millions d'euros au sortir d'une saison estivale qualifiée de "très bonne malgré une offre réduite".

La Société nationale Corse Méditerranée, qui assure notamment les liaisons entre la Corse et le continent, emploie 2.000 personnes, dont 1.450 en CDI.

Les offres des candidats à la reprise restent conditionnées à la résolution des contentieux européens qui pèsent lourdement sur l'avenir de la compagnie maritime, dont l'actionnaire majoritaire est Trandev, coentreprise entre Veolia et la Caisse des dépôts.

Il s'agit de la transmission de délégation de service public (DSP) et des quelque 440 millions d'euros d'aides publiques que la Commission européenne juge illégales et dont elle réclame le remboursement, sauf s'il y a cessation d'activité et reprise dans un périmètre plus réduit.

(Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse)

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