Quand les HLM se laissent tenter par le bois

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A Ris-Orangis, en Essonne, 140 HLM tout en bois sont en train de sortir de terre. Un programme audacieux mené par deux anciens spécialistes du béton.

Les grands patrons de l’immobilier reviennent toujours à leurs premières amours. Guillaume Poitrinal a quitté son job de président du directoire chez Unibail en mars 2013. Philippe Zivkovic qui a longtemps dirigé BNP Paribas Real Estate y occupe depuis mi-2014 une fonction non opérationnelle de président du conseil de surveillance.

Ensemble, ils ont créé en octobre 2014 Promicea, une société de promotion immobilière, spécialisée dans les petits programmes immobiliers en bois massif. Une aventure entrepreneuriale que Guillaume Poitrinal fait au travers de sa société Woodeum, spécialiste de la construction en bois. Une première opération est en train de sortir de terre: 140 HLM tout en bois à Ris-Orangis en Essonne pour le très gros bailleur social, 3F. Cet immeuble de quatre étages dont la construction a commencé en juillet a été dessiné par Jean-Michel Wilmotte. Il sera livré en août 2016. Au même coût qu’un bâtiment traditionnel.

«Le premier avantage du bois massif, c’est la rapidité de construction, argumente Philippe Zivkovic. Nos 140 logements seront bâtis en treize mois contre 18 mois minimum avec le matériau habituel, le béton.» Une vitesse d’exécution due au fait que beaucoup d’éléments sont fabriqués en usine. Sur le chantier, il n’y a plus qu’à tout assembler comme un Lego un peu sophistiqué.

L’autre atout du bois, c’est son côté écologique. «Les immeubles en bois ont une empreinte carbone beaucoup plus faible que les bâtiments traditionnels en béton», avance Guillaume Poitrinal. Une dimension qui pourrait devenir déterminante si l’empreinte carbone d’un bâtiment devient en 2018 un critère comme Ségolène Royal l’a spécifié dans sa loi de transition énergétique. Des arguments qui ont convaincu le premier client de Promicea, 3F. «Nous avons choisi cette approche car elle nous permet d’avoir un immeuble qui consomme moins de gaz à effet de serre», affirme son directeur général, Yves Laffoucrière.

Patrie du béton

Reste que Promicea a du pain sur la planche pour convaincre des vertus du bois massif. En France qui est la patrie du béton, moins de 10 % des constructions se font en bois. D’autre part, les défricheurs de la construction en bois ne peuvent pas revendiquer le made in France: comme la filière bois n’est pas très bien organisée dans l’Hexagone, Promicea est contraint de se fournir dans les forêts autrichiennes. Et l’usine qui fait le prémontage est également localisée dans ce pays. Pour l’instant, cette start-up qui compte moins de dix collaborateurs planche sur cinq autres projets en région parisienne. «Soit 300 logements», affirme Guillaume Poitrinal qui a d’autres activités que Promicea.

Avec des associés, il a notamment monté un fonds d’investissement baptisé Icamap qui a levé 500 millions d’euros pour investir dans des foncières petites ou moyennes. Il a réalisé sa première opération au premier trimestre en prenant un petit ticket dans une foncière anglaise Capital & Regional. Pas de doute, il y a une vie après les grosses entreprises.

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