Quand l'architecture contemporaine se greffe à celle du Moyen Âge

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Additionner plusieurs strates d’architectures est une tâche ardue. À Paris, le musée national du Moyen-Âge va accueillir une extension contemporaine composée de deux nefs métalliques accollées. Découverte.

Époque gallo-romaine, Moyen Âge, XIXe siècle... Le site du musée de Cluny situé à l’angle des boulevards Saint-Germain et Saint-Michel (Paris Ve) comporte plusieurs «épaisseurs historiques»: les thermes antiques, l’hôtel des abbés de Cluny et les interventions du XIXe siècle qui ont mené à la création du musée national du Moyen Âge. Et le lieu va bientôt accueillir une nouvelle strate architecturale... résolument contemporaine, celle-ci.

À la suite d’un concours organisé en mars 2014, c’est l’architecte Bernard Desmoulin - dont l’une des spécialités consiste justement à apporter une touche contemporaine à un site ancien - qui a été choisi pour se charger du chantier. En quoi consiste cette transformation? En la construction d’une extension à l’accueil du musée (qui accueille plus de 300.000 visiteurs annuels), composée de deux nefs métalliques accollées, posées sur un socle de verre. Le projet inclut également un espace supplémentaire, par l’ajout d’un étage intermédiaire en mezzanine, d’une surface de 80 mètres carrés.

L’objectif de ce projet n’est pas (juste) de faire joli. Il s’agit d’accroître la visibilité et la lisibilité du lieu, dont l’entrée depuis l’espace urbain est trop confuse. «Ce nouvel espace d’accueil aura notamment pour vocation de corriger la mauvaise compréhension pour le public du site et des vestiges antiques», explique l’architecte Bernard Desmoulin au Figaro Immobilier.

L’ensemble du projet prévoit donc un espace de 400 mètres carrés, qui sera construit ex nihilo sur le site du musée de Cluny. Plus le site est ancien, plus l’ajout d’une extension contemporaine est délicat. L’enjeu est de taille: il ne faut pas dénaturer les lieux ni s’imposer sur ce patrimoine unique, qui comporte une addition d’architectures de différentes époques. «Ces lieux finis n’ont pas besoin de nous. C’est un site qu’il ne faut pas étouffer. Les maîtres mots pour réussir ce type de projet sont présence et effacement», précise au Figaro Bernard Desmoulin, qui a notamment travaillé sur la villa Médicis, les réserves du musée Rodin, ou sur l’aménagement intérieur et contemporain du Grand Commun du château de Versailles.

Présence et effacement, donc. Un contraste que l’on retrouve bien dans le projet du musée de Cluny. «La disposition du site et son entrée est confuse, les pièces du musée - l’hôtel des abbés de Cluny - sont sombres... Le nouvel accueil sera en revanche spacieux, aéré et très lumineux, d’une part pour que l’entrée et l’accueil soient bien visibles de l’extérieur, et d’autre part pour mettre en avant et cadrer les vestiges gallos-romains», explique l’architecte. Livraison prévue en 2017.

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