Procès en appel du meurtrier de Laëtitia Perrais

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OUVERTURE MARDI DU PROCÈS EN APPEL DE TONY MEILHON
OUVERTURE MARDI DU PROCÈS EN APPEL DE TONY MEILHON

RENNES (Reuters) - Le procès en appel de Tony Meilhon, condamné à la réclusion à perpétuité le 5 juin 2013 pour le meurtre, l'enlèvement et la séquestration de Laëtitia Perrais en janvier 2011, près de Pornic (Loire-Atlantique), s'ouvre mardi à Rennes.

Le procès est prévu pour durer jusqu'au 2 décembre.

En première instance, Tony Meilhon, aujourd'hui âgé de 35 ans, avait été condamné par la cour d'assises de Loire-Atlantique à la réclusion à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans, la peine maximale prévue par le Code pénal.

Cette peine avait été assortie de la possibilité d'une "rétention de sûreté", un dispositif mis en place sous Nicolas Sarkozy et prévoyant le placement dans un centre psycho-médical de certains détenus à l'issue de leur peine.

Tony Meilhon, qui avait lui-même réclamé la perpétuité au cours de son premier procès, aurait décidé de faire appel "pour s'exprimer, pour s'expliquer", selon son avocat.

"Il a l'intention d'intervenir plus activement à l'audience", a dit à Reuters Me Fathi Benbrahim qui s'opposera de nouveau à une mesure de "rétention de sûreté".

Serveuse de 18 ans dans un restaurant près de Pornic, Laëtitia Perrais avait rencontré par hasard Tony Meilhon le 18 janvier 2011 avant de passer la soirée en sa compagnie.

La jeune femme avait été portée disparue le lendemain après la découverte de son scooter accidenté, près de l'endroit où elle vivait dans une famille d'accueil avec sa soeur.

Délinquant multirécidiviste déjà condamné pour viol, Tony Meilhon sera rapidement interpellé mais il faudra plusieurs jours de recherches avant de retrouver la tête et les membres de la victime dans un étang le 1er février 2011. Son buste sera découvert deux mois plus tard dans un autre plan d'eau.

L'autopsie a établi que Laëtitia Perrais avait été frappée, étranglée et avait subi quarante-quatre coups de couteau.

En première instance, l'avocate générale, qualifiant l'accusé de "grand déséquilibré psychopathe", avait estimé qu'une relation sexuelle au cours de la nuit du 18 au 19 janvier 2011 entre la victime et le meurtrier pourrait être à l'origine de son déchaînement de violence.

Tony Meilhon, qui a multiplié les versions, avait de son côté évoqué au cours de l'audience la complicité d'un mystérieux "Monsieur X" pour le démembrement de la jeune fille.

Selon Me Fathi Benbrahim, le nom de ce complice serait désormais connu des services judiciaires et aurait fait l'objet d'une enquête après l'interception d'un courrier de son client.

En 2011, le meurtre de Laëtitia Perrais avait soulevé une vive polémique autour de la question de la récidive, le président d'alors, Nicolas Sarkozy, mettant en cause le travail des juges et des travailleurs sociaux.

(Pierre-Henri Allain, édité par Yves Clarisse)

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