Prison : comment Urvoas a créé son propre service de renseignements

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Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas visite la prison de Bordeaux-Gradignan, le 3 février 2017. 
Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas visite la prison de Bordeaux-Gradignan, le 3 février 2017. 

C'est un dédale de couloirs et de bureaux désincarnés, de murs vierges et de moquette grise, foulée par les seules personnes habilitées « secret de la défense nationale ». C'est ici, un étage parmi d'autres du bâtiment Olympe de Gouges, une annexe du ministère de la Justice installée au fin fond du 19e arrondissement de Paris, que s'écrit une nouvelle page du renseignement français. Vendredi 21 avril, quinze mois après son arrivée à la chancellerie et quelques semaines avant la fin de son exercice du pouvoir, Jean-Jacques Urvoas a réussi le tour de force d'inaugurer le Bureau central du renseignement pénitentiaire (BCRP), où travailleront 47 personnes d'ici la fin de l'année. La chancellerie a désormais son propre « service ».

Le rêve d'Urvoas de voir l'administration pénitentiaire intégrer la communauté du renseignement aux côtés de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) ou de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) s'était jusque-là heurté à de nombreuses réticences. Notamment celles de Christiane Taubira, son prédecesseur place Vendôme, qui estimait que le ministère de la Justice ne pouvait endosser à la fois le rôle d'espion et de garant des libertés individuelles. Aussi, à peine nommé en janvier 2016, Jean-Jacques Urvoas s'est-il empressé de bousculer son administration, laquelle a produit à marche forcée et en moins d'un an, trois décrets, un arrêté, trois...

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