Préfets : la réforme qui ne change (presque) rien

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Aujourd'hui, il existe plus de préfets qui ne sont pas rattachés à un territoire que l'inverse.
Aujourd'hui, il existe plus de préfets qui ne sont pas rattachés à un territoire que l'inverse.

À quoi sert un préfet ? À cette question banale, le site gouvernemental vie-publique.fr répond tout aussi banalement : « Le préfet reste le dépositaire de l'autorité de l'État dans le département », il est « le représentant direct du Premier ministre et de chaque ministre dans le département », ou encore il est « chargé de contrôler les actes des collectivités territoriales ». Bref, le préfet s'occupe du local, du concret, du précis.

Sauf que dans la réalité, ce n'est pas aussi simple. Dans un rapport annexé au projet de loi de finances pour 2016, le sénateur Pierre-Yves Collombat (apparenté socialiste) dénonce les dérives du corps préfectoral, à peine corrigées par un décret de mai 2015. Il s'appuie pour cela sur deux chiffres : la France compte 127 préfets en poste territorial, donc affectés à un département ou une région (pour l'essentiel), et 128 préfets « hors poste territorial », c'est-à-dire en attente d'un vrai poste ou nommés ça et là au gré des alternances politiques, selon le « fait du Prince », peste Collombat. Cent vingt-sept préfets d'un côté, cent vingt-huit de l'autre : la préfectorale n'est donc plus, majoritairement, constituée de hauts fonctionnaires remplissant la tâche originelle qui leur avait été confiée, à savoir représenter l'État partout en France.

Des « missions au contenu évanescent »

C'est la Cour des comptes qui, en septembre 2014, a la première alerté...

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