Pour les Européens, la balle est dans le camp de la Grèce

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par Alastair Macdonald et Adrian Croft

BRUXELLES (Reuters) - Les partenaires européens de la Grèce ont accentué mardi la pression sur le gouvernement d'Alexis Tsipras en affirmant d'une même voix qu'il était de sa seule responsabilité d'éviter une crise en acceptant une prolongation du plan d'aide financière à son pays.

La réunion de l'Eurogroupe lundi soir s'est conclue de manière abrupte par un ultimatum lancé à la Grèce, priée d'accepter d'ici vendredi une prolongation de ce plan d'aide censé expirer le 28 février. Cette solution est jugée "inacceptable" par le nouveau gouvernement grec, élu sur la promesse de mettre fin aux politiques d'austérité associées à l'aide internationale.

Le secrétaire d'Etat grec aux Affaires européennes, Nikos Chountis, a répété mardi que son pays "n'accepte pas le chantage, les ultimatums", tout en exprimant un "optimisme prudent" quant à la possibilité d'un accord.

Avant de retrouver l'ensemble de ses homologues de l'Union européenne ce mardi pour un Ecofin, le ministre grec des Finances a pour sa part rejeté les arguments de ses pairs de la zone euro présentant leur proposition comme la seule issue possible pour éviter à la Grèce de basculer dans l'inconnu après le 28 février, voire de risquer une sortie de la zone euro faute de financements.

"La prochaine étape est l'étape de la responsabilité", a dit Yanis Varoufakis, sans préciser le contenu des éventuelles propositions grecques. "Nous allons continuer à délibérer afin de renforcer les chances de parvenir finalement à un très bon résultat pour le citoyen européen."

Son homologue néerlandais Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, est toutefois resté ferme: Athènes doit réclamer une prolongation du plan d'aide. "La décision appartient vraiment aux Grecs. Nous ne pouvons pas les forcer ou les prier. Nous nous tenons prêts à travailler avec eux, y compris au cours des prochains jours", a-t-il dit.

Le ministre espagnol de l'Economie a abondé dans le même sens. "Ce que le gouvernement grec doit faire, c'est dire clairement ce qu'il a l'intention de faire, ce qu'il est prêt à faire, sachant qu'il y a des lignes rouges (...) La dette doit être intégralement remboursée", a dit Luis de Guindos à son arrivée à l'Ecofin. "La balle est dans le camp du gouvernement grec."

"PAS DE PLAN B", DIT MOSCOVICI

L'Autrichien Hans Jörg Schelling a tenu le même discours. "Le gouvernement grec doit changer de position. Le temps presse", a-t-il dit.

Même Chypre, alliée traditionnelle de la Grèce, a exhorté Athènes à préciser sa position et à conclure avec un accord avec les autres pays de la zone euro.

"Je crois que le gouvernement grec, conscient des faits et des réalités, doit prendre des décisions. S'il souhaite une prolongation du programme (d'aide), il doit le réclamer maintenant", a dit le ministre des Finances Harris Georgiades à la radio publique chypriote.

Jeroen Dijsselbloem a précisé que l'échéance de vendredi visait à permettre à certains parlements nationaux de valider un éventuel accord avant le 28 février, date à laquelle l'aide versée à la Grèce, y compris par les Européens, doit cesser.

L'inquiétude se propage au-delà de la zone euro et le ministre britannique des Finances, George Osborne, a jugé qu'une absence d'accord "serait très grave pour la stabilité économique et financière".

En Grèce, certains accusent l'Eurogroupe d'avoir adopté une ligne dure en écartant une proposition jugée acceptable par Athènes qu'aurait formulée Pierre Moscovici.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires a cependant démenti mardi toute division entre Européens au sujet de la Grèce.

"Il n'y pas de gentil policier et de méchant policier. (...) La Commission contribue au travail collectif de l'Eurogroupe. Il n'y a pas un document et un autre document. Il y a des contributions en vue d'un accord global", a dit Pierre Moscovici à la presse.

"Le seul scénario privilégié est que la Grèce reste dans la zone euro et pour cela nous avons dit au gouvernement grec qu'il devait maintenant adresser une demande de prolongation du programme, qualifiez-là de technique si vous voulez (...) Nous sommes unis, nous pensons tous qu'une solution est possible, il n'y a pas de plan B", a-t-il ajouté.

(Avec les bureaux de Reuters en Europe; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison)

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  • darmon.d le mardi 17 fév 2015 à 13:13

    Le gouvernement grec devrait acheter massivement des TPUTS à fort effet de levier sur l'AEX et tous les indices européens ainsi que sur les bacaires et surtout rester bien braqué sur leur position. Avec tout ce qui vont pouvoir se gaver ils vont pouvoir rembourser une grosse partie de leur dette.....la voilà la solution !!

  • ceriz le mardi 17 fév 2015 à 12:55

    il est temps qu'ils rapatrient les 400 milliards cachés en suisse........

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