Pour l'UFC-Que choisir, changer de banque doit être plus facile

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VIDÉO - Une concurrence accrue entre les banques redonnerait 3 milliards de pouvoir d'achat aux ménages chaque année.

Entre 1 et 3 milliards d'euros de pouvoir d'achat supplémentaire pour les Français chaque année… C'est ce que le gouvernement pourrait obtenir en aidant les clients à faire jouer la concurrence entre les banques, selon l'UFC-Que choisir. L'association de consommateurs appelle donc le gouvernement à prendre des mesures pour qu'il soit plus facile de changer de banquier et d'opter pour un établissement moins cher.

Si le marché était plus concurrentiel, les banques en ligne pourraient a minima s'octroyer 5 % de part de marché, et les tarifs des banques à réseaux baisser de 10 %, imagine l'association. Les Français feraient alors collectivement une économie de plus d'un milliard par an. Dans un scénario un peu plus optimiste, où les banques à distance prendraient plus d'envergure, le gain annuel avoisinerait même 2 milliards. Avec une «concurrence dynamique» (une baisse des tarifs de 25 % et 15 % du marché dans les mains des banques en ligne), plus de 3 milliards d'euros reviendraient dans les poches des consommateurs, selon les calculs de l'UFC.

Chèques rejetés

Pour l'instant, ces économies sont utopiques. Seuls 3 % des Français changent chaque année d'établissement bancaire, tant l'opération leur semble complexe et risquée. «Le taux de mobilité est cinq fois plus élevé pour l'assurance auto ou dans la téléphonie mobile», rappelle le président de l'association, Alain Bazot.

La banque que le client rejoint est certes censée prendre en charge pour lui le transfert des prélèvements et autres virements. Mais seules 35 % lui proposent effectivement ce service lors du rendez-vous. Et 250.000 à 450.000 chèques sont rejetés chaque année après la clôture du compte, la banque ne réussissant pas à avertir son ex-client lorsqu'ils se présentent.

L'UFC-Que choisir espère donc profiter de l'examen du projet de loi Macron pour changer les choses. Elle souhaite que soit créé un numéro spécifique personnel, qui servirait d'intermédiaire entre le compte bancaire et les virements et autres prélèvements automatiques. Pour changer de banque, il suffirait de le connecter au nouveau compte, sans avoir à changer toutes les opérations domiciliées sur l'ancien.

Mais cette mesure risque d'être longue à mettre en place. En attendant, l'association de consommateurs demande donc au gouvernement d'imposer que les opérations arrivant sur le compte clôturé soient automatiquement redirigées vers le nouveau.

Des propositions jugées inadaptées par la Fédération bancaire française. Elle estime que la redirection des prélèvements «n'a pas eu d'impact sur le taux de mobilité bancaire aux Pays-Bas, où il a été mis en œuvre il y a dix ans». En outre, le coût d'un tel dispositif «serait disproportionné par rapport au bénéfice pour les consommateurs».

Le grand espoir de l'UFC-Que choisir est de voir un jour adoptée en Europe la portabilité du numéro de compte bancaire, à l'image de ce qui existe pour le téléphone mobile. Le client serait alors propriétaire de son numéro de compte et le conserverait quelle que soit sa banque. Un rapport gouvernemental doit être remis au Parlement sur ce sujet dans les prochains jours.

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