Plan prisons : les millions d'euros que les politiques s'arrachent

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Les politiques s'activent en coulisse pour que des prisons s'implantent sur leur terre d'élection (photo d'illustration : le centre de détention de Muret).
Les politiques s'activent en coulisse pour que des prisons s'implantent sur leur terre d'élection (photo d'illustration : le centre de détention de Muret).

Depuis plusieurs semaines, les élus courtisent activement Jean-Jacques Urvoas pour avoir la chance d'échanger quelques minutes avec lui. La création de 10 000 à 16 000 places de prison annoncée par le ministre de la Justice le 20 septembre dernier a réveillé les appétits politiques. La raison est simple : pour un parlementaire, obtenir sur son territoire la création d'une prison, c'est l'assurance de créer de l'emploi pour les dix prochaines années (BTP, plomberie, électricité, sécurité, etc.), de faire venir des familles entières dans une commune, de redynamiser le tissu économique et d'irriguer les commerces alentour. En clair : c'est prendre une sérieuse option pour les législatives de 2017.

Un subtil jeu de go a donc commencé, dans lequel le PS a bien évidemment intérêt à favoriser les fiefs de sa famille politique. Problème : nombreuses sont les villes détenues par la droite qui font partie de circonscriptions législatives acquises à la gauche. Et inversement. Rien n'est encore tranché et les préfets ont jusqu'à la mi-décembre pour faire remonter à la chancellerie les meilleures options. Les doutes subsistent, mais des villes sont déjà désignées par le gouvernement comme un « premier choix ». C'est ainsi que Cherbourg (PS), le fief de Bernard Cazeneuve, serait privilégié à Saint-Lô (LR). Ou que Nîmes, dont la maison d'arrêt est en état de surpopulation carcérale chronique, l'emporterait sur Alès.

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