Placements atypiques : des produits à souscrire avec précaution

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Diamants, vins, œuvres d'art, métaux précieux, terres rares, forêts exotiques... Ces placements sont à la mode mais mieux vaut prendre conseil auprès d'un professionnel avant de se lancer.

Diversifier son patrimoine en investissant dans des actifs dont la valeur évolue indépendamment des marchés financiers est un bon réflexe patrimonial. À condition de respecter un principe de base en matière de gestion de patrimoine: ne pas investir plus de 5 % de son patrimoine financier dans des produits de diversification et jusqu'à 10 % pour ceux qui disposent d'un patrimoine important. La plupart de ces produits exposent, en effet, à la perte d'une partie du capital investi et s'avèrent peu liquides, le risque existe de ne pas pouvoir récupérer sa mise pour faire face à un coup dur ou pour financer un autre investissement.

1. En quoi les placements atypiques sont-ils risqués?

Les placements atypiques sont investis dans des actifs tangibles. Diamants, vins, œuvres d'art, métaux précieux, terres rares (riches en minerais métalliques utilisés dans l'industrie), forêts exotiques, conteneurs ou énergies renouvelables, la liste s'allonge, se renouvelle et connaît de véritables effets de mode. La sécurité de ces placements est très relative. Aucun n'échappe aux variations des cours (or, diamant…), et leur valorisation, en l'absence de marché régulé, s'avère souvent impossible à contrôler pour des investisseurs non avertis. Les investisseurs convaincus que le vin pouvait être une valeur refuge et qui ont misé sur la valorisation de bouteilles de grands crus bordelais en ont fait l'amère expérience. La bouteille de Mouton Rothschild 2010, premier cru classé de Pauillac, se vend actuellement autour de 515 euros aux enchères, alors que son prix de vente en primeur en 2011 était de 944 euros! Pour éviter bien des déboires, mieux vaut prendre conseil auprès d'un professionnel qui possède une vision globale de votre patrimoine.

2. Comment diversifier  son patrimoine en limitant les risques?

La méfiance s'impose face à un rendement élevé présenté comme garanti. Pour limiter les risques, mieux vaut écarter les produits spéculatifs dont le rendement ne repose que sur une - éventuelle - forte plus-value à la revente. À moins d'investir, en prenant sciemment un risque, dans un secteur qu'on connaît suffisamment bien, par passion ou à titre professionnel, pour pouvoir juger du sérieux du produit et/ou de l'expérience de ses promoteurs. Une autre stratégie consiste à investir sur un produit offrant un rendement moins prometteur mais régulier.

Un amateur de vin pourra par exemple investir dans des parts de groupements fonciers viticoles (GFV) plutôt que parier uniquement sur la plus-value sur le prix de bouteilles. «Peu volatils, les GFV offrent une progression régulière du prix des parts, portée par l'évolution du foncier et par celle de la propriété, tenant à la valeur de l'entreprise créée par l'exploitant», analyse Patrick Ribouton, directeur des activités de diversification à La Française REM. Les GFV comme d'ailleurs les parts de groupements forestiers (qui consistent à investir dans des forêts) constituent des produits d'autant plus intéressants pour diversifier son patrimoine qu'ils offrent une exonération partielle d'impôt de solidarité sur la fortune et de droits de donation et de succession (avec, sous certaines conditions, un abattement à hauteur des trois quarts de leurs valeurs).

3. Pourquoi l'AMF  lance-t-elle des alertes sur certains produits?

L'Autorité des marchés financiers a notamment pour mission de veiller à la bonne information du public sur les instruments financiers. «Dans la mesure où certains produits atypiques sont vendus comme tels, nous devons agir. C'est la raison pour laquelle nous assurons une veille sur ces produits qui se multiplient sur Internet. Par ailleurs, ils relèvent, le plus souvent, de la réglementation des biens divers. Ces propositions d'investissement doivent être clairement identifiables et leur contenu doit être exact et non trompeur», rappelle Claire Castanet, directrice des relations avec les épargnants.

L'autorité use de plus en plus souvent de son pouvoir d'alerte, pour freiner certaines activités douteuses, en transmettant au besoin les informations recueillies à la justice ou à la répression des fraudes. Ces alertes peuvent être consultées sur son site amf.org, dans la rubrique «Mises en garde».

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