Perrineau : "La diabolisation du FN est une stratégie vaine"

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Pour Pascal Perrineau, le vote Front national n'est plus un vote protestataire mais un vote d'adhésion à ses propositions.
Pour Pascal Perrineau, le vote Front national n'est plus un vote protestataire mais un vote d'adhésion à ses propositions.

Spécialiste de la sociologie électorale et de l'extrême droite en France et en Europe, professeur à Sciences Po et chercheur au Cevipof (qu'il a dirigé de 1994 à 2013), le politologue Pascal Perrineau a étudié au laser les résultats du premier tour des régionales. Si le Front national passe dans certaines régions la barre des 50 % dimanche prochain, souligne-t-il, les partis traditionnels sont menacés.

Le Point.fr : Le vote FN, un vote de rupture, de colère ou d'adhésion ?

Pascal Perrineau : Maintenant, de manière claire, avec ce premier tour des régionales, le Front national s'installe comme première force électorale en France, ce qui change profondément la donne politique dans notre pays. On ne peut plus rabattre le Front national vers un vote de colère. Il s'agit de plus en plus d'une adhésion à ce que propose et avance le FN : le protectionnisme économique, le coup de pouce aux bas salaires, les mesures de sortie totale ou relative de l'Union européenne, le renforcement des mesures sécuritaires, la nécessité de lutter contre les flux migratoires? Ce n'est pas seulement un vote qui se pose en s'opposant ; il s'arrime à des propositions, un style, une génération qui renouvelle la politique et arrive au pouvoir.

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