Partenariat SNCF-Airbnb avorté face à la colère des hôteliers

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LA SNCF RENONCE À SON PARTENARIAT AVEC AIRBNB
LA SNCF RENONCE À SON PARTENARIAT AVEC AIRBNB

PARIS (Reuters) - La SNCF a annoncé mardi l'arrêt de son partenariat avec la plateforme de locations saisonnières Airbnb "face à l'incompréhension" suscitée par cette promotion et s'est engagée au dialogue avec les professionnels de l'hôtellerie.

La société publique avait décidé, via sa filiale voyages-sncf.com, de proposer à ses clients de mettre en location leur logement durant leur absence sur Airbnb, spécialisé dans l'hébergement chez l'habitant.

Une "expérimentation" de quelques mois annoncée la semaine dernière avant une possible généralisation en 2016.

"Face à l’incompréhension créée par la promotion ponctuelle de Voyages-sncf.com avec Airbnb, Voyages-sncf.com a décidé d'arrêter l'opération en cours et de prendre le temps du dialogue avec l’ensemble des professionnels de l’hôtellerie", précise la filiale voyages-sncf.com dans un communiqué.

L'objectif est "d’analyser les conditions dans lesquelles les nouveaux modèles d’économie collaborative peuvent contribuer à la relance du tourisme en France", ajoute-t-il.

Le directeur d'Airbnb France, Nicolas Ferrary, a jugé le procédé "scandaleux" sur Europe 1.

"Cela permettait aux Français de voyager plus et d'augmenter leur pouvoir d'achat en gagnant un peu d'argent en louant leur logement", a-t-il expliqué.

"Que quelques lobbies hôteliers utilisent cette excuse pour taper sur de nouveaux modèles comme Airbnb est scandaleux", a-t-il ajouté, assurant que la société, fondée en 2008 à San Francisco, "paye les impôts qu'[elle] doit payer en France".

L'initiative de la SNCF avait fait bondir les hôteliers, notamment le Groupement national des indépendants (GNI) qui s'est étonné dans un communiqué "du partenariat imminent entre une filiale de la SNCF, subventionnée à hauteur de plusieurs milliards d'euros par l'Etat et les contribuables français, et la plateforme Airbnb".

"Comment cette société publique peut-elle nouer un partenariat avec cette société de services étrangère qui réalise en France près de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel et qui, dans le même temps, s’arrange et réussit le tour de passe-passe fiscal et social consistant à ne payer des impôts que sur à peine 2% de son chiffre d’affaires et à ne déclarer que 30 salariés!", peut-on lire.

(Sophie Louet)

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