Parrainages, investitures, la primaire LR se complique

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LA PRIMAIRE LR SE COMPLIQUE
LA PRIMAIRE LR SE COMPLIQUE

PARIS-BORDEAUX (Reuters) - Alain Juppé a jugé mardi "intempestive" la volonté de Nicolas Sarkozy de "pousser les feux" des investitures aux élections législatives de juin 2017, procédure que l'ancien président souhaite régler avant la primaire contre l'avis de ses rivaux.

La question sera abordée ce mardi lors d'un bureau politique prévu initialement le 22 mars, qui a été repoussé en raison des attentats de Bruxelles.

Le président des Républicains, qui n'a toujours pas officialisé sa candidature à la primaire des 20 et 27 novembre, veut boucler le casse-tête des investitures en juin car, expliquait-il en février au Monde, "les comptes de campagne commencent un an avant les élections".

Ses adversaires, qui soupçonnent l'ancien chef de l'Etat de favoriser des investitures à son profit pour s'assurer des relais électoraux, militent pour des investitures après la désignation du candidat de la droite, en novembre.

"Il est tout à fait normal que le candidat qui gagnera les primaires ait une marge de manœuvre", a réaffirmé mardi Alain Juppé, favori de la consultation, lors d'une conférence de presse à Bordeaux.

"M. Sarkozy veut absolument pousser les feux. Nous n’allons pas déclencher une bagarre là-dessus. J’ai simplement souhaité que le Conseil national qui doit valider définitivement les investitures ait lieu après la primaire et non pas avant, pour laisser une marge d’adaptation éventuelle", a précisé le maire de Bordeaux, qui n'assistera pas au bureau politique.

Pour éviter une nouvelle empoignade, Nicolas Sarkozy, qui crée un groupe de travail à cet effet, propose un compromis: les sortants seraient réinvestis avant l'été; si le nom d'un nouveau candidat fait l'unanimité, sa candidature sera retenue dès juin; les cas litigieux, notamment dans les circonscriptions que se disputent les candidats, seraient renvoyés à l'après-primaire.

Les candidatures des centristes de l'UDI et du MoDem restent également à régler.

"BAROQUE"

"Je ne veux pas d'état d'esprit de secte, de club de supporters. On choisira partout les meilleurs", avait assuré Nicolas Sarkozy lors du Conseil national de LR, en février.

"Je pense que cette procédure est un peu intempestive au sens propre du mot, c'est-à-dire qu’elle ne vient pas à la bonne heure", a souligné mardi Alain Juppé.

Le bureau politique des Républicains devait également proposer mardi un amendement au règlement de la primaire pour préciser la procédure des parrainages des candidats, une mesure que Nathalie Kosciusko-Morizet juge échafaudée contre elle.

La députée LR de l'Essonne, qui peine à rassembler les parrainages nécessaires à sa candidature, a laissé entendre qu'elle pourrait en glaner hors de son parti, dans les rangs des centristes et/ou des écologistes.

Un candidat doit être parrainé par au moins 250 élus répartis sur au moins 30 départements, dont au moins 20 parlementaires, et par au moins 2.500 adhérents sur au moins 15 départements.

Le sarkozyste Frédéric Péchenard, directeur général des Républicains, a critiqué mardi sur Europe 1 l'"idée un petit peu baroque" de Nathalie Kosciusko-Morizet "de vouloir se faire parrainer par des gens de gauche".

"Les gens qui vont aller voter à cette primaire sont le peuple de France qui partage les valeurs de la droite et du centre et qui s'engage pour l'alternance. C'est ce qu'on va leur demander de signer. Il paraît assez logique que les élus qui vont parrainer les champions (...) soient des élus qui s'engagent", a-t-il ajouté.

Réplique de "NKM" sur Twitter : "Que l'organisateur, comme le directeur général des Républicains, veuillent changer les règles, ce n'est pas baroque, ça sonne juste faux".

"Les critères d'accès à la primaire sont élevés", a souligné sur LCP Thierry Solère, chargé de l'organisation de la primaire.

"On n'est pas là pour avoir dix personnes, on est là pour sélectionner comme en 1995 Jacques Chirac et Edouard Balladur."

(Sophie Louet avec Claude Canellas à Bordeaux, édité par Yves Clarisse)

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