Où placer son argent en 2015 ?

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Avec des taux d'intérêt proches de zéro, gérer un patrimoine est devenu une aventure en terrain inconnu.

Les taux d'intérêt n'ont jamais été aussi faibles, comme l'inflation, tombée à 0,3 % sur un an en France… Les épargnants sont confrontés à un environnement qu'ils n'ont jamais connu. «C'est un nouveau monde, celui des taux d'intérêt zéro: pas de rémunération sur le monétaire, à peine plus pour les obligations, et un immobilier qui, au mieux, stagne», constate Guillaume Dard, PDG de Montpensier Finance. Le livret A en a déjà fait les frais. Tombé à 1 % seulement en août dernier, il pourrait plonger plus bas encore au 1er février prochain si le gouvernement n'intervient pas. Les livrets fiscalisés, massacrés fiscalement, sont aussi en perte de vitesse.

Même l'assurance-vie ne sortira pas indemne de cette nouvelle donne. En 2013, elle avait rapporté en moyenne 2,80 % selon la FFSA. Les meilleurs contrats s'affichaient encore à plus de 3 %. Mais cette année, les assureurs ne sont pas pressés de dévoiler les rémunérations servies à leurs clients pour 2014, car ils n'ont pas de bonnes nouvelles à annoncer. L'effondrement des taux sur les marchés financiers hypothèque les performances des années futures. Le gendarme de l'assurance, l'ACPR, leur a donc demandé de ne pas se montrer généreux et de mettre en réserve une partie de leurs gains financiers, en prévision des années de vaches maigres qui s'annoncent. Les premières compagnies à avoir publié leurs taux ont suivi la consigne. La Macif a annoncé une baisse de 0,40 % de ses rendements. Chez AG2R La Mondiale, la chute est de 0,30 % à 0,40 %. À ce rythme, l'assurance-vie ne devrait pas offrir plus de 2,5 % en moyenne en 2014. Certains experts ont même avancé des chiffres plus faibles, entre 2,2 % et 2,4 %. Un rendement dont il faut de surcroît ôter 15,5 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS…), et parfois un impôt en cas de retrait (l'assurance-vie n'y échappe qu'après huit ans, dans certaines limites).

Certains contrats vont donc rapporter cette année autant que… le plan épargne logement. Un placement que les Français redécouvrent depuis quelques mois, car il sert 2,5 %, exonérés d'impôt, et seulement soumis aux prélèvements sociaux. Surtout, sa rémunération ne risque pas de s'émousser à l'avenir. Elle est garantie pour quinze ans (sur un plan ouvert aujourd'hui).

Cap sur les fonds diversifiés

Pour certains professionnels, se contenter d'un placement qui rapporte à peine plus de 2 % n'est pas pénalisant: avec une inflation quasi nulle, le capital reste bien préservé. Mais le chiffre reste décevant pour les Français qui investissent à long terme, pour leur retraite par exemple. Or, pour espérer gagner davantage, ils n'ont pas le choix: ils doivent prendre plus de risques et investir sans garantie en capital au moins une partie de leurs avoirs.

«Les actions sont le seul vecteur d'investissement à potentiel aujourd'hui. Il y aura encore de la volatilité, mais les Bourses européennes vont être soutenues par la baisse de l'euro et celle du pétrole», martèle Guillaume Dard. De nombreux gérants promettent ainsi un retour en grâce des actions européennes, en perte de vitesse ces derniers mois. Une occasion de redécouvrir les charmes du plan d'épargne en actions (PEA), oasis fiscale qui leur est réservée. Mais d'autres se méfient de la nervosité des marchés. Ils se souviennent aussi que, l'an dernier, ce sont les actions américaines (qui profitent de la hausse du dollar) qui ont sauvé les performances et que les fonds obligataires ont, contre toute attente, fait des prouesses. «Conserver des portefeuilles bien diversifiés est donc important, qu'il s'agisse de répartition géographique ou par classe d'actifs», souligne Bernard Aybran, directeur général délégué d'Invesco AM. Dans l'assurance-vie, les fonds qui proposent ces stratégies clés en main devraient continuer à séduire. Comme les SCPI. Depuis qu'elles sont proposées dans les contrats d'assurance-vie et échappent ainsi à la lourde fiscalité de l'immobilier, ces sociétés investies en bureaux et qui versent, en loyers, plus de 4 % par an, ont un succès croissant. Même si leur valeur n'est pas garantie.

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