"Nous continuons en France à sacraliser le lien biologique"

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Selon le psychanalyste, on s?acharne à maintenir des liens entre les parents naturels et les enfants qui sont parfois toxiques et traumatiques (photo d'illustration).
Selon le psychanalyste, on s?acharne à maintenir des liens entre les parents naturels et les enfants qui sont parfois toxiques et traumatiques (photo d'illustration).

En France, 275 000 mineurs sont aujourd?hui placés auprès de l?aide sociale à l?enfance (ASE). Pour tenter d?améliorer le sort de ces enfants dits «délaissés», dont les parents ont été jugés inaptes ou maltraitants, l?Assemblée nationale examine mardi et mercredi une proposition de loi des sénatrices PS Michèle Meunier et centriste Muguette Dini sur la protection de l?enfance. Le psychiatre et psychanalyste Pierre Lévy-Soussan, directeur de CMP-Consultation Filiation à Paris, l?estime largement insuffisante. Et juge très sévèrement notre vision française de la protection de l?enfance.

Le Point : Pourquoi la France protège-t-elle différemment de ses voisins, et plus mal d?après vous, les enfants délaissés ?

Pierre Lévy-Soussan : Parce qu?à l?opposé de tout ce qui se fait à l?international nous continuons en France à sacraliser le lien biologique. Comme si nous ne parvenions pas à concevoir qu?un parent «naturel» peut être autre chose qu?un bon parent, alors que toutes les études démontrent que la maltraitance est bien, dans 90 % des cas, le fait du père ou de la mère?

Concrètement, cela veut dire quoi ?

Cela veut dire qu?on s?acharne à maintenir des liens qui sont parfois toxiques et traumatiques. Que les juges imposent des rencontres médiatisées entre...

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