Nigeria : à Maiduguri, la population en guerre contre Boko Haram

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Dans un village de l'État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, détruit par les islamistes de Boko Haram.
Dans un village de l'État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, détruit par les islamistes de Boko Haram.

C'est un bruit dont les habitants avaient perdu l'habitude. "Qui a tiré ? Qui ?" Abbaaji Kalli arrête brutalement la voiture, après avoir entendu le coup de feu. Il pose son fusil à pompe contre le siège, ouvre la portière, hurle sur ses jeunes recrues. Ici, à Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, il est à la tête de 8 000 miliciens civils. En tout, dans la capitale du Borno, opèrent 30 000 "Civilian JTF", pour "Joint Task Force", collaborant avec l'armée, répartis en dix secteurs.

À voir l'âge moyen des miliciens, on comprend que le surnom d'Abbaaji soit "Elder", "l'Ancien", malgré ses quarante ans. Les Civilian JTF ont le sang chaud et la tentation est grande, de jouer avec leurs fusils. Ils portent des jeans et des tee-shirts, des sandales, parfois le gilet noir à motifs géométriques colorés des chasseurs traditionnels. Ils brandissent des bâtons, des arcs et des flèches, parfois un vieux fusil, sont bardés de grigris autour des bras ou sur la poitrine. Pourtant, ce sont bien eux qui ont chassé Boko Haram de Maiduguri, il y a un an. Si les gens somnolent de nouveau sous les arbres pour se protéger du soleil sans pitié, si les vendeuses proposent leurs mangues et leurs bananes sur le trottoir, si les embouteillages n'inspirent plus la terreur, c'est grâce à eux.

Apocalyptique

Aujourd'hui, répartis dans quatre camions bleus, leur moyen de transport officiel, les hommes des secteurs 4 et 8 apportent des vêtements, donnés par...

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