Nicolas Sarkozy prêt à retenter le pari de "l'identité"

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NICOLAS SARKOZY EN PRÉ-CAMPAGNE
NICOLAS SARKOZY EN PRÉ-CAMPAGNE

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy devrait poser mercredi l'acte I de sa pré-campagne pour l'investiture présidentielle à droite en relançant le mantra de l'identité nationale dont il entend faire un axe majeur de sa compétition contre Alain Juppé.

L'ancien chef de l'Etat avait éprouvé ce thème lors de sa campagne victorieuse de 2007 et récidivé en 2012 sous l'influence du controversé Patrick Buisson en liant systématiquement cette problématique à l'immigration.

Une "manoeuvre" pour attirer les électeurs du Front national, selon ses détracteurs de droite comme de gauche. "Un débat culturel et politique majeur", réplique l'intéressé qui entend persévérer sur cette voie en dépit de l'impasse "droitière" de 2012.

C'est Edouard Balladur, son ancien mentor, qui en a apporté la confirmation il y a peu dans Valeurs actuelles : "La question identitaire sera au coeur de la présidentielle".

Les thèmes de l'appartenance à la Nation, de l'autorité de l'Etat, de la laïcité irrigueront donc son discours mercredi soir lors d'une réunion publique à Saint-André-lez-Lille (Nord).

"La notion d'identité sera forte. Ce sera un discours solennel où il s'adressera au peuple de France, sur ce que c'est qu'être Français", précise-t-on dans son entourage.

"Ce n'est pas un positionnement, il ne le fait pas par rapport à ses concurrents, mais par rapport à ce qu'il ressent de la France", ajoute-t-on.

"Hier encore, affirmer publiquement qu'il existait une identité française était considéré comme une insupportable provocation. Aujourd'hui, la fierté de la France est un drapeau", déclarait récemment Nicolas Sarkozy lors d'un colloque du groupe de réflexion "France fière".

Là où Alain Juppé, favori de la primaire, prône "l'intégration", Nicolas Sarkozy défend "un nouveau pacte d'assimilation".

"Aujourd'hui, l'enjeu pour la droite, c'est d'avoir le courage d'assumer ses convictions et de refuser des idées molles ou faussement consensuelles", justifie-t-il dans un entretien à Valeurs actuelles paru la semaine dernière.

"LA DROITE DES VALEURS"

"Nicolas Sarkozy mise sur une ligne de lepénisation de la droite sur les sujets non économiques. Alain Juppé mise au contraire sur une ligne d'apaisement quant aux sujets de société", résume le politologue Thomas Guénolé.

En septembre dernier, lors de la consultation des militants des Républicains sur les propositions de Nicolas Sarkozy relatives à l'immigration, le maire de Bordeaux avait marqué sa différence en ces termes : "Si par assimilation, on veut signifier que ceux qui veulent devenir Français doivent assimiler nos valeurs (…) et respecter notre culture, on ne peut être que pour. S'il s'agit de nier les différences ou l'identité de chacun, le terme n'a pas de sens".

Le 9 mai 2006, Nicolas Sarkozy avait lancé sa campagne de "présidentiable" à Nîmes par un discours sur "La France éternelle" et l'identité nationale.

Face à la "colère sourde" des Français, le président des Républicains, qui n'a toujours pas officialisé sa candidature à la primaire, veut encore incarner "la droite des valeurs", décliner la partition de l'identité et des "racines chrétiennes" de la France, déjà testée lors de récentes réunions publiques.

"Il est notamment très frappé par une montée inquiétante du communautarisme", explique un proche.

L'ancien chef de l'Etat espère ainsi capter le coeur de l'électorat LR, qui selon lui fera la différence les 20 et 27 novembre prochains.

Preuve que le thème cristallise, François Fillon, plus pugnace que jamais malgré un niveau modeste dans les intentions de vote, a clos mardi soir un discours sur ses propositions économiques et sociales par une ode à la France "réconciliée avec son Histoire et fière de son identité" qu'Henri Guaino, l'ancienne plume de Nicolas Sarkozy, n'aurait pas renié.

"Il y a un risque que la droite des valeurs et la droite des solutions entrent en confrontation. Cette droite des valeurs peut nous éloigner très durablement du pouvoir", juge-t-on dans l'entourage d'Alain Juppé.

Le maire LR de Tourcoing Gérald Darmanin, qui écoutera Nicolas Sarkozy mercredi soir, le met en garde mardi dans son "Plaidoyer pour un islam français" : "On constate le soi-disant bienfait électoral de devenir le héraut des 'racines'. On clive. Tant pis si cette politique est désastreuse pour le pays."

(Edité par Yves Clarisse)

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  • M7403983 le mardi 7 juin 2016 à 20:18

    SARKO avec ses bonnes femmes, pour nous la refaire et dans la continuité de Mitterrand avec sa fille cachée, puis l'autre avec son casque rue du cirque ... Décidément QUE du beau monde !!!!!!