Nicolas Sarkozy dans les sables mouvants de la primaire

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NICOLAS SARKOZY EN TERRAIN MINÉ POUR LA PRIMAIRE
NICOLAS SARKOZY EN TERRAIN MINÉ POUR LA PRIMAIRE

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Sept adversaires, bientôt neuf : Nicolas Sarkozy s'engage en terrain miné pour la primaire de la droite et du centre, au point que le doute s'instille parmi ses partisans sur sa candidature et sa stratégie pour la présidentielle de 2017.

Le retour de l'ex-champion de la "droite décomplexée" Jean-François Copé, qui s'inscrit dans le couloir idéologique de Nicolas Sarkozy, est un écueil de plus pour l'ancien président.

Les "juppéistes" ne s'y sont pas trompé et ont accueilli dimanche avec une bienveillance zélée l'entrée en lice du député-maire de Meaux, au nom de la liberté et du "débat". "Vive la compétition avec Jean-François Copé et les autres", a "tweeté" le député Benoist Apparu, soutien du maire de Bordeaux.

Le ralliement de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin à Alain Juppé, le favori des sondages, - et sa justification plus encore - sont un autre mauvais signal pour le président des Républicains.

"Je ne suis pas anti-sarkozyste et je connais ses capacités de rebond et de résistance. (...) Je suis cependant étonné de voir que le démarrage de la campagne de Nicolas Sarkozy n'a pas à ce jour donné les résultats escomptés", explique le sénateur de la Vienne dans La Nouvelle République.

Jusqu'à suggérer une comparaison avec le candidat républicain Donald Trump aux Etats-Unis, qui "fait une course aux extrêmes et, finalement, cherche à renforcer son noyau dur plutôt qu'à rassembler le pays."

"CARTE POSTALE TIMBRÉE"

"La multiplication des défections fragilise Nicolas Sarkozy et il semble accuser le coup. Les mauvais sondages y sont aussi pour beaucoup", témoigne un député LR.

Un autre, sceptique sur les chances du prédécesseur de François Hollande, refuse de croire à une réédition du scénario de 1994-95 où un Jacques Chirac isolé était parvenu à triompher du favori Edouard Balladur. "A l'époque, il n'y avait pas de primaire et ils n'étaient que deux. Aujourd'hui, comme l'a bien dit (le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe) Cambadélis, c'est une équipe de football."

Alain Juppé, François Fillon, Hervé Mariton, Jean-François Copé, Frédéric Lefebvre, Jean-Frédéric Poisson et Nadine Morano se sont déjà déclarés pour le scrutin de novembre. La candidature de Bruno Le Maire est attendue autour du 23 février, celle de Nathalie Kosciusko-Morizet autour du 9 mars.

"La bonne nouvelle, c'est que comme il faut 20 parlementaires pour être parrainé, qu'il doit y avoir à peu près 400 parlementaires Républicains, il ne devrait pas y avoir plus de 20 candidats", a plaisanté lundi sur Europe 1 Luc Chatel, conseiller politique de Nicolas Sarkozy.

Le choix tactique de l'ancien président d'attendre, vraisemblablement jusqu'en septembre, afin de se donner la plus grande latitude - foncer dans la dernière ligne droite, voire renoncer à une candidature tout sauf "automatique" selon ses propres termes - n'est pas du goût de tous ses fidèles.

Le sénateur des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi a réclamé lundi sur LCI un "message clair" de Nicolas Sarkozy sur ses intentions. "Qu'il dise 'Je ne suis pas encore candidat mais je ne me déroberai pas' et ça ira très bien", a-t-il dit.

"CE N'EST PEUT-ÊTRE PAS MOI..."

"Il n'est pas question que je prenne la décision maintenant parce que je suis le président de la famille. Rassembler, c'est difficile, mais indispensable. Sans rassemblement autour d'un projet fort il n'y aura pas d'alternance", a affirmé le président des Républicains dimanche soir sur TF1.

Nicolas Sarkozy estime encore pouvoir emporter la mise sous le sceau du rassemblement avec le soutien du "noyau" militant des Républicains, acquis à sa cause et appelé à voter sur un projet "collectif" en avril prochain. Un corpus idéologique qui porte l'empreinte de l'ancien président et dont il veut faire une arme "légitimiste" face aux projets concurrents.

"C'est peut-être moi qui les défendrai (les propositions-NDLR), ce n'est peut-être pas moi", a-t-il précisé avec une prudence inusitée le 4 février dernier sur France 2.

"Il rassemble ceux qui crient le plus fort et on oublie parfois peut-être que le chef de l'Etat qu'il a été, le chef de l'Etat qu'il aspire à redevenir, doit s'élever (...) au-dessus des factions qui s'affrontent au sein de son propre parti", a déploré lundi sur France 2 son ancien conseiller Henri Guaino.

"A l'intérieur de ces grands cartels électoraux, plus personne n'est d'accord avec personne, et en tout cas, on n'a pas rassemblé les électeurs qui sont partis pour beaucoup ailleurs", a ajouté le député, qui n'exclut pas de concourir à son tour à la primaire.

(avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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  • patr.fav le lundi 15 fév 2016 à 20:32

    A la retraite et bien payer et lui mettre un masque de fer.

  • patr.fav le lundi 15 fév 2016 à 20:31

    Écoutez ses discours il fera le contraire de ce qu'il dit.

  • d.e.s.t. le lundi 15 fév 2016 à 19:43

    Il persiste sans se rendre compte que plus personne ne veut le voir désormais , c'est pitoyable!