Neuf arrestations après l'attaque meurtrière de Tunis

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QUATRE SUSPECTS ARRÊTÉS APRÊS L'ATTAQUE DE TUNIS
QUATRE SUSPECTS ARRÊTÉS APRÊS L'ATTAQUE DE TUNIS

TUNIS (Reuters) - Neuf personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête sur l'attaque commise mercredi par des hommes armés au musée du Bardo à Tunis, qui a fait 23 morts dont 20 touristes étrangers, a annoncé jeudi la présidence tunisienne.

L'armée va être déployée dans les principales villes de Tunisie pour y renforcer la sécurité. "Après une rencontre avec les forces armées, le président a décidé que la sécurité des grandes villes sera assurée par l'armée", dit un communiqué.

Interrogé sur RTL, le Premier ministre tunisien, Habib Essid, a confirmé que les deux auteurs de l'attaque avaient été identifiés et que l'un d'eux, Yassine Labidi, était connu des services de sécurité.

A Tunis, les autorités ont déclaré avoir interpellé quatre personnes directement liées à l'attaque et cinq autres ayant des liens indirects avec l'enquête.

Au moins deux Français ont trouvé la mort dans l'attaque et sept autres ont été blessés. Cinq Japonais, quatre Italiens, trois Tunisiens, deux Colombiens, deux Espagnols, un Australien et un Polonais ont également péri.

Le président François Hollande a évoqué jeudi la possibilité qu'un troisième Français ait été tué dans l'attaque. "Il est possible qu'il y ait une troisième victime française mais nous n'avons pas encore confirmation", a-t-il dit à son arrivée au Conseil européen à Bruxelles.

Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier commis contre des touristes en Tunisie depuis celui du 11 avril 2002 dans une synagogue de l'île de Djerba. Revendiqué par Al Qaïda, il avait fait 21 morts, pour la plupart des touristes

LE SECTEUR CLÉ DU TOURISME MENACÉ

Quatre ans après la chute du président Zine Ben Ali lors de la "révolution du jasmin", la Tunisie est montrée comme un exemple de compromis politique et de transition démocratique, s'étant dotée d'une nouvelle Constitution et ayant tenu des élections libres.

Les forces de sécurité sont toutefois toujours aux prises avec une rébellion islamiste qui compte dans ses rangs le groupe Ansar al Charia, placé par Washington sur sa liste des organisations terroristes, et Okba Ibn Nafaa, petite brigade de combattants affiliés à Al Qaïda opérant dans les montagnes le long de la frontière algérienne.

L'attaque de mercredi semble avoir directement visé une économie dans laquelle le tourisme compte pour 7% du produit intérieur brut. "Nous avons une saison touristique qui a déjà certains problèmes. Avec cet acte barbare, cela va encore approfondir les difficultés de certains secteurs", a dit Habib Essid. "Ce qui s'est passé hier à Tunis peut se passer à n'importe quel endroit du monde."

Le gouvernement estime que les pertes pour le secteur pourraient atteindre 700 millions de dollars (657 millions d'euros) sur la saison en cours.

La crainte de répercussions économiques a eu pour effet de faire reculer les indices de 2,5% à la Bourse de Tunis et deux voyagistes allemands ont déjà annoncé l'annulation pour quelques jours des excursions à Tunis proposées à leurs clients en séjour dans des stations balnéaires du pays.

Accor, première chaîne hôtelière européenne, dit avoir renforcé la sécurité dans ses deux établissements tunisiens tandis que le croisiériste italien Costa Croisières a annoncé l'annulation de ses escales en Tunisie.

(Tarek Amara, avec Elizabeth Pineau à Bruxelles, Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Angrand et Gilles Trequesser)

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