Municipales italiennes à valeur de test pour Matteo Renzi

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ÉLECTIONS-TEST EN ITALIE POUR MATTEO RENZI
ÉLECTIONS-TEST EN ITALIE POUR MATTEO RENZI

par Gavin Jones

ROME (Reuters) - Les électeurs des grandes villes italiennes ont commencé à se rendre aux urnes ce dimanche pour des élections municipales à valeur de test pour le président du Conseil Matteo Renzi qui peine à relancer l'économie et à réduire le chômage.

Si le Parti démocratique (PD) du chef du gouvernement reste la première force politique du pays, sa popularité s'effrite depuis un an et seul le candidat du PD à Turin est donné clairement favori. A Rome, Naples et, dans une moindre mesure, Milan, les trois autres grandes villes en jeu, le scrutin s'annonce mal pour le parti.

Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 07h00 (05h00 GMT), fermeront leurs portes à 23h00 (21h00 GMT) avec des résultats à la sortie des urnes attendus dans les principales villes. Pour être élu dès le premier tour, un candidat doit décrocher la majorité absolue. A défaut, un second tour sera organisé le 19 juin.

Au total, 13 millions d'Italiens, soit un quart de la population en âge de voter, sont appelés aux urnes dans plus de 1.300 communes, même si l'attention des médias se concentre sur les métropoles.

Matteo Renzi a consacré peu de temps à la campagne électorale et il a fallu attendre cette semaine pour qu'il commence à s'impliquer.

"Il sait qu'il y a un risque important que les choses ne se déroulent pas bien, il n'a donc pas envie d'être étroitement associé à un événement qui pourrait mal se terminer", explique Roberto D'Alimonte, professeur de sciences politiques à l'université LUISS de Rome.

Plus de trois défaites dans les grandes villes affaibliraient Matteo Renzi et relanceraient l'opposition, "mais ne provoqueraient certainement pas sa chute", ajoute-t-il.

LE M5S FAVORI A ROME

Arrivé au pouvoir en 2014, Matteo Renzi est critiqué à gauche où on lui reproche d'avoir glissé trop à droite.

Selon les sondages, le PD devrait l'emporter à Turin et peut-être à Milan où il dispose d'une légère avance. Il aura en revanche beaucoup plus de mal à Rome et à Naples.

La capitale italienne pourrait tomber dans l'escarcelle du Mouvement 5 Etoiles (M5S) qui espère bénéficier du ressentiment des électeurs à l'égard de la classe politique romaine traditionnelle, impliquée dans une série de scandales de corruption.

Âgée de 37 ans, sa candidate, Virginia Raggi, espère devenir la première femme à diriger la mairie de Rome et les derniers sondages lui donnaient une confortable avance avant que leur publication ne soit interdite, 15 jours avant le scrutin, conformément à la législation italienne.

Pour Matteo Renzi, le scrutin-clé se situe dans le nord du pays, à Milan, poumon économique du pays. Si le candidat du PD, Giuseppe Sala, paraissait en mesure de l'emporter haut la main, son principal adversaire a refait une partie de son retard et pourrait même l'emporter.

Les jeux semblent en revanche faits à Turin où Piero Fassino, une des principales figures politiques nationales du PD, dispose d'une très large avance dans les sondages. S'il échouait cependant à conserver sa mairie dès le premier tour, il risquerait de voir les électeurs des autres partis se rallier au candidat du M5S, qui paraît le mieux placé pour se qualifier au second tour.

Naples est en revanche quasiment perdue et devrait rester entre les mains de Luigi de Magistris, le maire sortant, un ancien procureur membre du Parti des valeurs d'Antonio di Pietro et qui a proclamé que la grande ville du sud était "une ville anti-Renzi"

(Nicolas Delame pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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