Mouvement national des taxis contre UberPOP à partir du 25 juin

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LES TAXIS PRÉVOIENT UN MOUVEMENT CONTRE UBERPOP FIN JUIN
LES TAXIS PRÉVOIENT UN MOUVEMENT CONTRE UBERPOP FIN JUIN

PARIS (Reuters) - Une intersyndicale de taxis a décidé mercredi d'engager un mouvement national illimité à partir du 25 juin contre les services du type UberPOP, a annoncé le président de l'Union nationale des taxis (UNT).

Ce mouvement, qui prendra des formes diverses selon les régions, pourrait notamment se traduire par des blocages ponctuels à l'abord des aéroports et des gares, a-t-on précisé à l'UNT.

Il durera jusqu'à ce que le gouvernement "fasse quelque chose de cohérent", ajoute-t-on.

Les taxis dénoncent la "concurrence déloyale" des offres payantes de transport entre particuliers proposées par plusieurs compagnies, dont Uber sous l'appellation UberPOP.

"Certaines sociétés continuent à commercialiser et diffuser des applications illégales de promotion de travail clandestin", écrit mercredi le président de l'UNT Alain Griset dans un communiqué.

L'intersyndicale "exige du gouvernement qu'il prenne les mesures nécessaires pour arrêter l'exploitation des applications dans l'attente des décisions de justice et veille à l'application immédiate des lois", ajoute-t-il.

Des concertations locales sont en cours pour définir les modalités du "mouvement illimité", précise-t-on à l'UNT. "Le but, c'est vraiment d'alerter les pouvoirs publics, pas d'embêter les consommateurs."

Le gouvernement assure être ferme en la matière, et a rappelé mardi que plus de 420 procédures avaient été engagées depuis le début de l'année à l'encontre de chauffeurs utilisant l'application UberPOP.

Dans un communiqué diffusé mercredi, le ministre de l'Intérieur et le secrétaire d'Etat aux Transports indiquent que "les contrôles devront mettre l'accent sur les actions contre le travail illégal". Une circulaire demandera aux préfets "d'accentuer" ces opérations de contrôle.

Mais les syndicats et fédérations de taxis estiment que "rien n'est fait" et déplorent les "procédures dilatoires d'Uber".

L'exécutif avait annoncé fin 2014 l'interdiction pour début 2015 d'UberPOP, citant les décrets de la loi Thévenoud qui régule l'activité des véhicules de transport avec chauffeur (VTC) et interdit notamment la mise en relation de clients non enregistrés comme chauffeurs pour des prestations de taxi, sous peine de deux ans de prison et 300.000 euros d'amende.

Mais aucune interdiction définitive n'a à ce jour été prononcée par la justice et la compagnie américaine Uber, qui a contesté plusieurs points de la loi Thévenoud devant le Conseil constitutionnel et au niveau européen, continue de proposer ce service en France.

La Cour de cassation examine actuellement une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur le sujet. Plusieurs appels sont par ailleurs en cours.

(Chine Labbé, édité par Sophie Louet)

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  • M5769532 le mercredi 17 juin 2015 à 19:24

    Mondialisation et concurrence déloyale.