Mort du compositeur et chef d'orchestre Pierre Boulez

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PIERRE BOULEZ EST MORT
PIERRE BOULEZ EST MORT

PARIS (Reuters) - Le compositeur et chef d'orchestre Pierre Boulez, figure tutélaire de la musique classique en France après en avoir été l'enfant terrible à ses débuts, est mort mardi à l'âge de 90 ans à Baden-Baden (Allemagne), où il résidait.

Sa mort a été annoncée mercredi par sa famille dans un communiqué relayé par la Philarmonie de Paris, le nouveau temple de la musique dans la capitale française pour la création duquel il s'était longtemps battu.

François Hollande a salué la mémoire de celui qui, selon lui, "a fait briller la musique française dans le monde".

"Comme compositeur et chef d’orchestre, il a toujours voulu penser son époque", a-t-il déclaré dans un communiqué, "il a donné un prestige considérable à la culture française".

Avec Pierre Boulez, disparaît le dernier grand représentant d'une avant-garde européenne qui, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, a engagé la musique dans des chemins radicaux.

Élève à ses débuts d'Olivier Messiaen, ce compositeur intransigeant, reconnu et respecté à l'étranger, restera jusqu'au bout un défenseur acharné de la musique contemporaine.

Il la sert également comme chef d'orchestre, à la tête de phalanges prestigieuses (BBC, Cleveland, New York Philarmonic, Chicago).

Sa première oeuvre majeure, Le Marteau sans maître, est écrite en 1954 d'après des poèmes de René Char.

Fâché avec André Malraux, le ministre de la Culture du général de Gaulle, il quitte un temps la France et n'y reviendra que dans les années 1970 quand le président Georges Pompidou lui demande de réfléchir à un centre de recherches musicales dans le cadre du futur centre d'art moderne à Beaubourg.

Ce sera l'Ircam, qui sera bientôt doté d'un orchestre, l'Ensemble intercontemporain, une phalange disposant d'importants moyens pour défendre le répertoire moderne.

Le temple wagnérien de Bayreuth fait appel à lui pour le centenaire de la Tétralogie du compositeur allemand où, associé au metteur en scène Patrice Chéreau, il livre une version qui dérouta un temps les puristes mais fait aujourd'hui référence.

Revenu au premier plan dans son pays, il mène un autre combat, celui de doter Paris d'une salle de musique à l'égal de ce qu'on trouve de mieux dans les autres grandes capitales.

Cela lui prendra de nombreuses années et il est trop malade pour diriger début 2015 le premier concert de la Philarmonie, qui lui a consacré une grande exposition le printemps dernier à l'occasion de son 90e anniversaire.

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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  • M3182284 le mercredi 6 jan 2016 à 15:22

    un compositeur meurt et 5 futurs tireurs au AK47 naissent au même moment