Mercredi noir dans l'ouest agricole

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LES AGRICULTEURS MANIFESTENT CONTRE LA FAIBLESSE DES COURS DE LEURS PRODUCTIONS
LES AGRICULTEURS MANIFESTENT CONTRE LA FAIBLESSE DES COURS DE LEURS PRODUCTIONS

RENNES (Reuters) - Une grande partie du réseau routier des quatre départements bretons et les abords des grandes villes de l'Ouest devaient être paralysés mercredi par des barrages d'agriculteurs qui protestent contre la faiblesse des cours de leurs productions.

Une vingtaine de barrages sont prévus sur les principaux axes routiers mais aussi sur des routes départementales en Bretagne au cours de ce "mercredi noir" lancé par la Fédération Régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FRSEA) et les Jeunes agriculteurs (JA) de Bretagne.

Les premiers tracteurs ont pris position mercredi matin pour bloquer les routes principales dans les Côtes d'Armor et le Morbihan. Ils devaient être suivis en début d'après-midi par de nouveaux barrages dans le Finistère et l'Ille-et-Vilaine, tandis que des manifestations sont également annoncées à Laval (Mayenne) et au Mans (Sarthe).

"Notre objectif est de bloquer l'activité économique de la région pour faire entendre nos revendications", a déclaré à Reuters Jean-Paul Riault, président des JA de Bretagne.

Ce responsable syndical a jugé hors sujet et non significatives les nouvelles aides annoncées mardi par le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, qui prévoit de débloquer 290 millions d'euros pour faire face aux crises sanitaires et économiques qui frappent les filières ovine, porcine, laitière et de palmipèdes.

"En annonçant 290 millions d'aides dont 130 millions seront alloués à la seule filière des palmipèdes touchée par la grippe aviaire, le ministre a d'abord recherché un effet médiatique et ne répond pas à nos demandes", déplore Jean-Paul Riault, qui estime très insuffisants les 125 millions d'euros prévus dans cette enveloppe pour les élevages porcins et laitiers et les producteurs de légumes en difficulté.

ÉTIQUETAGE

Afin de promouvoir le marché intérieur, les syndicats réclament un étiquetage sur l'origine des viandes pour l'ensemble des produits, frais et transformés, mesure qui pourrait toutefois se heurter aux textes de l'Union européenne.

Ils demandent également une harmonisation des normes sociales, environnementales et fiscales à l'échelle de l'Union, estimant que les distorsions actuelles avec leurs principaux concurrents européens sont une des raisons du manque de compétitivité des élevages français.

Les producteurs de porc et de lait réclament aussi une meilleure répartition des marges entre les éleveurs, les transformateurs et industriels et les distributeurs.

Cinq groupements de producteurs de porc ont décidé la semaine dernière de mettre en place une plate-forme de vente commune afin de peser davantage dans les négociations.

Le cours du porc est de 1,09 euro le kilo alors que son coût de production est estimé à 1,40 euro. Le prix du lait oscille entre 27 et 30 centimes le litre alors que le prix d'équilibre selon les syndicats est de l'ordre de 35 centimes.

"Quand on travaille 50 heures par semaine pour une rémunération qui est en dessous du RSA ou même à zéro, ça pose problème", s'insurge Jean-Paul Riault, qui estime que 25 à 30% des élevages de porcs sont menacés de disparition rapide.

(Pierre-Henri Allain, édité par Yves Clarisse)

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