Mémoires d'un chauffeur de taxi

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À 50 ans, Toufik Abou-Haydar a vu défiler bien du monde. Dans un récit d'une extrême finesse, il livre les pires et les meilleurs moments de sa carrière de chauffeur de taxi.
À 50 ans, Toufik Abou-Haydar a vu défiler bien du monde. Dans un récit d'une extrême finesse, il livre les pires et les meilleurs moments de sa carrière de chauffeur de taxi.

"Toute ma vie, j'ai rêvé d'être un réalisateur de cinéma pour partager le haut de l'affiche. Toute ma vie, j'ai rêvé de retrouver ma Terre promise, ces terres que mon père nous a laissées au Liban. Toute ma vie, j'ai rêvé d'écrire de la poésie, assis au bord d'un lac à écouter le vent gémir et regarder le roseau frémir sous le léger clapotis de l'eau d'un bleu saphir. Mais rien de tout cela n'est arrivé." Ainsi commence le récit de Toufik Abou-Haydar. En guise de poésie, le Libanais exilé à Paris découvre les joies du périph et de ses embouteillages, la grisaille de la capitale, son trafic et ses noms d'oiseau. Au départ, la G7, c'est temporaire. Il sera taxi juste histoire de remettre un peu d'argent dans les caisses et de nourrir sa femme et ses trois enfants. "Six mois, et ensuite je raconte mon expérience dans un livre", confie-t-il alors autour de lui. Vingt-cinq ans plus tard, les chiffres ont défilé sur le compteur et Toufik est toujours là, fidèle à ses pérégrinations nocturnes sur les airs de Frank Sinatra. Seule la voiture a changé, puisque la vieille Peugeot 505 délabrée de ses débuts a cédé la place à une Toyota Prius dernier cri.

Pour les millions de gens qui se sont un jour glissés sur la banquette arrière, Toufik n'est qu'un chauffeur de taxi parmi tant d'autres, un crâne un peu dégarni qui dépasse du siège conducteur. À ranger dans la catégorie des prévenants, de ceux qui vous demandent gentiment si la...

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