Medef et gouvernement font assaut d'optimisme sur le pacte

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L'OPTIMISME DÉSORMAIS DE RIGUEUR AU GOUVERNEMENT ET CHEZ LE PATRONAT SUR LE PACTE DE RESPONSABILITÉ
L'OPTIMISME DÉSORMAIS DE RIGUEUR AU GOUVERNEMENT ET CHEZ LE PATRONAT SUR LE PACTE DE RESPONSABILITÉ

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Après une phase de tension, qui a culminé la semaine passée avec cinq jours de mobilisation des organisations patronales contre la politique économique du gouvernement, Medef et exécutif font assaut d'optimisme sur l'application du pacte de responsabilité.

Sur 78 branches professionnelles adhérentes au Medef, 51 ont engagé des discussions sur les contreparties en investissements et en emplois aux baisses de charges prévues par ce dispositif et les accords conclus dans sept d'entre elles représentent trois millions de salariés, selon un pointage patronal.

"La dynamique est bonne. On constate une accélération depuis la mi-novembre. On a des avancées incontestables", confirmait-on lundi au ministère du Travail, où l'on se dit optimiste quant à l'issue des négociations dans une dizaine d'autres branches.

Il s'agit notamment de l'industrie pharmaceutique, des télécommunications, de la restauration rapide, de l'imprimerie de labeur, des banques des bureaux d'études techniques et du bâtiment, précise-t-on de même source.

Le mardi 2 décembre, le ton était tout à fait différent: aux critiques du patronat demandant au gouvernement de renoncer à des dispositifs jugés trop contraignants, comme le "compte pénibilité", Manuel Valls et Emmanuel Macron avaient répondu que les dirigeants patronaux feraient mieux d'agir pour l'emploi au lieu d'exiger toujours plus.

Le ministre de l'Economie avait même parlé d'"échec" des négociations de branche sur le pacte de responsabilité.

Changement de registre dimanche soir: lors de son intervention télévisée, le Premier ministre s'est dit convaincu que le pacte de responsabilité serait "une réussite".

"J'espère qu'avant la fin de l'année 2014, plus de la moitié des salariés dans les branches seront ainsi concernés par (des) accords", a ajouté Manuel Valls, dont le bilan sera en partie évalué à l'aune de l'amélioration de la compétitivité des entreprises françaises, dont dépend pour beaucoup l'emploi.

FREINS

Le Medef n'a pour sa part de cesse d'afficher sa volonté de jouer le jeu, alors que le pacte, associé au Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (Cice), représente 41 milliards d'euros de baisses de charges en trois ans pour les entreprises.

Il fait circuler depuis la fin de la semaine dernière un document dans lequel il souligne que les 51 branches où ont lieu des discussions représentent plus de 10 millions de salariés.

A ce jour, six branches ont conclu un accord (métallurgie, chimie, textile, transports urbains, carrières et matériaux de construction, assurance) et les partenaires sociaux se sont entendus sur un relevé de conclusions dans une septième, qui fédère 29.000 entreprises de propreté.

Selon le Medef, les assurances se sont engagées à recruter 38.000 personnes en 2015-2017 et les banques pourraient s'engager sur 40.000 à 42.000 recrutements sur la même période.

Dans les télécommunications, les discussions portent sur des engagements en termes d'emplois en alternance, précise encore l'organisation patronale, qui fait également état d'un relevé de conclusion ouvert à la signature dans les travaux publics.

Dans un contexte de crise des travaux publics, cette profession s'engage seulement à éviter la suppression de 13.000 emplois, ramenant les pertes potentielles de 60.000 à 47.000 en 2015-2017, et à espérer une inversion de tendance en 2017.

Le patronat des travaux publics prend des engagements plus positifs en matière de formation, d'apprentissage et d'embauche de jeunes.

Le Medef maintient que la conjoncture "très défavorable", le compte pénibilité, l'obligation pour les chefs d'entreprises d'informer leur salariés avant tout cession (loi Hamon), le retard pris par la publication des textes réglementaires sur la mise en oeuvre des baisses de charges prévues par le pacte et la perspective de hausses de taxes locales sont autant de "freins" aux discussions et à la conclusion d'accords.

(Edité par Sophie Louet)

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