Marine Le Pen exprime son désaccord après les propos de son père

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MARINE LE PEN EXPRIME SON PROFOND DÉSACCORD APRÈS LES PROPOS DE SON PÈRE SUR LES CHAMBRES À GAZ
MARINE LE PEN EXPRIME SON PROFOND DÉSACCORD APRÈS LES PROPOS DE SON PÈRE SUR LES CHAMBRES À GAZ

PARIS (Reuters) - La présidente du Front national Marine Le Pen a exprimé jeudi son "profond désaccord" avec son père Jean-Marie, qui a maintenu que les chambres à gaz étaient un "détail de l'histoire", propos pour lesquels il a déjà été condamné de nombreuses fois.

Le président d'honneur du FN a également estimé sur BFM TV et RMC qu'il y avait des gaullistes, mais aussi de "fervents pétainistes" et "d'anciens partisans de l'Algérie française" au sein de la formation présidée par sa fille.

Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête préliminaire pour contestation de crimes contre l'humanité et l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a décidé de porter plainte pour le même motif.

Interrogée par le site internet du Figaro, Marine Le Pen a dit que son père était "dans une stratégie avouée" de "provocation" parce qu'il pense "que la polémique est positive pour le mouvement".

"Nous sommes en désaccord profond. J'en ai pris acte et je veux croire, quand même, que ceux qui nous rejoignent, ceux qui votent pour nous, ont compris", a-t-elle dit, jugeant que leurs "différences" sont désormais "acquises" par le plus grand nombre.

"On peut dire ce que l'on pense, mais le Front national a quand même une ligne, laquelle est portée par sa présidente. Les propos de Jean-Marie Le Pen n'engagent que lui. Il est dans la provocation volontaire", ajoute-t-elle.

18 CONDAMNATIONS

Jean-Marie Le Pen, qui a mis à plusieurs reprises en doute la stratégie de "dédiabolisation" du FN, est à nouveau revenu jeudi sur ses propos polémiques de septembre 1987.

"Ce que j'ai dit correspondait à ma pensée, que les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire de la guerre, à moins d'admettre que ce soit la guerre qui est un détail des chambres à gaz", a-t-il dit.

"Je les maintiens, parce que je crois que c'est la vérité et que ça ne devrait choquer personne. On a instrumentalisé cette affaire contre moi en y introduisant un soupçon d'antisémitisme alors que je mets au défi quiconque de citer une phrase antisémite dans ma vie politique", a ajouté le président d'honneur du FN.

Pour SOS racisme, Marine Le Pen "ne veut pas se couper" de cette réalité "malgré ses faux airs de respectabilité comme l'ont démontré les dernières élections ou elle a fait mine de découvrir que beaucoup de ses candidats ont tenus des propos racistes, antisémites, homophobes".

Jean-Marie Le Pen a été condamné 18 fois pour ses propos, en première instance ou en appel, dont 5 pour contestation de crimes contre l'humanité ou consentement à l'horrible dans l'affaire du détail.

Le fondateur du FN sera candidat et tête de liste aux élections régionales de décembre prochain dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA).

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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