Manuel Valls interpelle la droite sur le FN

le
1
MANUEL VALLS INTERPELLE LA DROITE SUR LE FN
MANUEL VALLS INTERPELLE LA DROITE SUR LE FN

PARIS (Reuters) - Manuel Valls, déterminé à "tout faire" pour empêcher une victoire du Front national aux élections régionales sans toutefois trancher la question du "front républicain", a appelé dimanche la droite à prendre ses responsabilités contre le FN.

"Tout faire. Je n'en dis pas plus à ce stade car je souhaite que mes amis, que les candidats mènent cette campagne, qu'ils fassent le score le plus important", a dit le Premier ministre dans le cadre du "Grand Rendez-vous" Europe 1-Le Monde-iTELE.

Dans une tribune publiée le 4 novembre dans Le Monde, le premier secrétaire du Parti socialiste exclut de se prononcer sur la doctrine du "front républicain" à un mois du premier tour des régionales au motif que cela "indiquerait à la gauche que le vote utile contre le Front national est le vote à droite."

"Il induirait ainsi que l’avenir dans le pays se jouera entre la droite parfois extrême et l’extrême droite", dit Jean-Christophe Cambadélis.

Interrogée à ce sujet sur France 3, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, numéro trois du gouvernement, a estimé que décider des stratégies électorales avant le premier tour "influ[ait] les électeurs".

Manuel Valls concède que "le Parti socialiste sera souvent troisième (...), mais le total des voix de gauche, donc le rassemblement de la gauche au second tour, sera souvent devant le total des voix de droite et devant l'extrême droite".

Selon un sondage Odoxa diffusé dimanche par Le Parisien et BFM TV, le FN est en tête des intentions de vote (32%) devant la liste Les Républicains-UDI-Modem (30%) et la liste socialiste (19%) pour le premier tour en Alsace-Lorraine Champagne-Ardennes.

"IL FAUDRA ÊTRE DÉSINTÉRESSÉ"

"Le soir du premier tour, (...) Il faudra analyser ces résultats et ensuite tout faire" pour que la liste FN ne soit pas élue, a déclaré le chef du gouvernement qui a prôné en premier lieu "une campagne vigoureuse" contre l'extrême droite.

A la question de savoir si "tout faire" contre le FN pourrait consister, selon les cas, en un désistement de la liste de gauche, Manuel Valls ne s'est pas prononcé. "Les déclarations avant le premier tour sont nulles et non avenues."

Il a souligné que la question de l'attitude face au FN au soir du premier tour "ne se posera[it] pas uniquement à la gauche et au Parti socialiste".

"Elle peut se poser aussi à la droite", a-t-il poursuivi en citant le cas de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie où Marine Le Pen mène les listes FN.

"Si le total gauche dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie autour de Pierre de Saintignon est devant le score réalisé par Xavier Bertrand au premier tour, la question sera posée aussi à Xavier Bertrand", chef de file Les Républicains-UDI-MoDem-CPNT, a dit le Premier ministre.

"Ce que je demande à la droite républicaine, a expliqué Manuel Valls, c'est de prendre ses responsabilités : le 'ni ni', le renvoi dos-à-dos est irresponsable."

"Dans ces moments-là, il faudra être désintéressé. Le plus important, ça sera d'empêcher que l'extrême droite antisémite et raciste ne prenne une région", a-t-il insisté, en jugeant que la victoire du FN dans une ou plusieurs régions serait "un drame".

En vertu de la règle du "ni ni", prônée par Nicolas Sarkozy depuis les élections cantonales de 2011, Les Républicains n'appellent à voter ni pour le PS ni pour le Front national en cas de duel au second tour entre les deux formations.

(Sophie Louet)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M8252219 le dimanche 8 nov 2015 à 15:43

    "Ëtre désintéressé" Aucun des membres du gouvernement et très peu d'élus socialistes (sans doute aucun) ne savent ce qu'est une entreprise.Tous fonctionnaires , incapables de réformes pour réduire les dépenses de l'état. Ils sont désintéressés sur notre dos. Élus sans responsabilité sinon que celle d'être réélu. dogmatistes irresponsables et vén/ale, cumulant élection et activité publique et les avantages et retraites qui les accompagnent.