Manuel Valls garde le cap sur le projet de loi Travail

le , mis à jour à 10:32
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POUR MANUEL VALLS, LA LOI TRAVAIL PEUT ÊTRE MODIFIÉE MAIS NE SERA PAS RETIRÉE
POUR MANUEL VALLS, LA LOI TRAVAIL PEUT ÊTRE MODIFIÉE MAIS NE SERA PAS RETIRÉE

PARIS (Reuters) - Manuel Valls a redit jeudi sa "détermination" à faire adopter la loi Travail via l'article 49.3 de la Constitution, expliquant que des "modifications" étaient possibles mais qu'il n'était "pas question" de retirer un texte "utile".

Au matin d'une nouvelle journée de mobilisation sociale, le Premier ministre français a appelé la CGT, qui bloque notamment des raffineries et des centrales nucléaires, à faire preuve de "responsabilité".

"Le 49.3 c'est dans la Constitution, c'est la démocratie. Le blocage des sites, ce n'est pas la Constitution", a-t-il déclaré sur BFM TV et RMC.

A la question de savoir si des salariés grévistes pourraient être réquisitionnés, le chef du gouvernement a répondu que "toutes les possibilités (étaient) sur la table."

Entre 20% et 30% des stations-service de France sont selon lui "fermées ou en difficulté".

"Nous allons continuer à débloquer des sites", a-t-il prévenu.

Manuel Valls a estimé que les mouvements sociaux pouvaient "peser à terme sur l'économie française alors que nous venons de connaître, pour le deuxième mois consécutif une baisse du chômage".

Il s'est notamment agacé de la position de la CGT Energie, qui a évoqué la possibilité d'importer de l'électricité.

"Mais bon sang, on est patriote ou pas dans ces moments-là ?", a-t-il lancé. "Quand la croissance revient, quand on fait baisser le chômage, quand il y a davantage de compétitivité, quand les carnets de commande sont en train de se remplir parce que les entreprises, grâce à ce que nous avons fait avec le CICE et le pacte de responsabilité, retrouvent des marges, bon sang de bon sang !".

"CE PAYS MEURT PARFOIS DE SES CONSERVATISMES"

Le Premier ministre s'est adressé à la CGT et à son secrétaire général, Philippe Martinez, engagé dans une guerre d'usure avec le gouvernement où le syndicat joue son avenir.

"Je ne suis pas dans un combat avec la CGT ou dans un mano a mano avec M. Martinez, a-t-il dit. "Un syndicat, avec l'histoire qui est celle de la CGT, doit faire preuve de responsabilité".

"Ça n'est pas la CGT qui peut bloquer le pays, pas la CGT qui peut imposer un texte de loi", a-t-il dit. "Ce pays se meurt parfois de ses conservatismes, de son impossibilité à réformer. C'est pour ça que nous sommes dans un moment crucial".

Sur le contenu du projet de loi Travail, Manuel Valls a entrouvert une porte, expliquant qu'"il peut toujours y avoir des améliorations ou des modifications". Mais "pas question" de dénaturer l'article 2, qui affirme la primauté de l'accord d'entreprise sur l'accord de branche.

"Il n'y aura pas de modification de la philosophie du texte", a-t-il prévenu.

"Il ne s'agit pas d'entêtement : je pense que ce texte est bon pour l'intérêt général, bon pour les entreprises, bon pour les salariés."

A l'instar du président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, la veille, le ministre des Finances, Michel Sapin, a ajouté jeudi à la confusion dans la majorité en déclarant sur LCP que "peut-être faut-il toucher à l'article 2".

Ce à quoi le Premier ministre a répondu : "On ne touchera pas à l'article 2".

Alors que François Hollande est au Japon pour participer à un sommet du G7, Manuel Valls a assuré qu'il n'y avait aucun problème d'autorité au sein du gouvernement.

A la question "avez vous songé à démissionner ?", le Premier ministre a répondu : "Non, parce que ce n'est pas un problème de personne."

"Je décide, nous décidons et nous continuerons de décider", a-t-il expliqué. "Ce n'est pas parce que la CGT veut bloquer le pays, gêner les Français que moi je vais partir, je vais plier. Ce n'est possible, ce n'est pas ça ma conception de la démocratie. La démocratie, ce n'est pas la loi de la rue, ce n'est pas la loi des sondages, ce n'est pas la loi des manifestations."

(Elizabeth Pineau, édité par Emmanuel Jarry)

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  • calippe3 il y a 11 mois

    cette loi bonne ou pas n'est pas comprise par tous, elle a été mal expliquée de toute façon la France est à la traîne de l'Europe parce qu'elle ne se reforme pas assez, dans ce cas le chômage augmentera ou restera stationnaire, il faut laisser la parole aux salariés dans les entreprises et ne pas laisser un syndicat imposer sa loi en France sans la majorité des salariés

  • M999141 il y a 11 mois

    Sa conception de la démocratie, c'est l'utilisation du 49-3 pour faire passer au forceps une loi rejetée par 70% des français.?

  • phili646 il y a 11 mois

    Le problème n'est pas de savoir s'il vont toucher à l'article 2, mais plutôt l'heure à laquelle le matamore de pacotille va manger son chapeau !!!!