Manuel Valls discute avec les syndicats de la loi Travail

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DÉBUT DES DISCUSSIONS ENTRE MANUEL VALLS ET LES SYNDICATS SUR LA LOI TRAVAIL
DÉBUT DES DISCUSSIONS ENTRE MANUEL VALLS ET LES SYNDICATS SUR LA LOI TRAVAIL

PARIS (Reuters) - Manuel Valls et Myriam El Khomri ont entamé lundi des rencontres avec les partenaires sociaux destinées à vaincre les réticences au sujet de la réforme du Code du travail, en particulier celles des syndicats réformistes prêts à discuter de sa réécriture.

Les dirigeants syndicaux, qui se succéderont jusqu'à mercredi dans le bureau du Premier ministre, sont tous hostiles à la version du projet dévoilée par la presse en février mais ne sont pas parvenus à s'entendre sur la réponse.

D'un côté, la CGT et Force ouvrière notamment rejettent le texte en bloc, exigent son retrait et ont appelé à une journée de manifestations mercredi, puis à une nouvelle mobilisation le 31 mars, y compris sous la forme de grèves.

De l'autre, le camp des réformistes, emmené par la CFDT, salue des avancées dans cette réforme dont il demande une simple réécriture et se réserve la possibilité de lancer une vaste mobilisation s'il n'obtient pas gain de cause.

"Cet après-midi, nous dirons ce qui est inacceptable pour nous, ce que nous voulons voir évoluer dans l'écriture et ce que nous voulons voir enrichi", a déclaré lundi matin Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, sur Europe 1.

Son syndicat défend une position médiane: le maintien de certains points comme le compte personnel d'activité, mais l'abandon d'autres dispositions, en particulier le plafonnement des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif.

"Je ne lâcherai pas là-dessus. Je suis pour un barème indicatif mais qui ne soit pas contraignant", a-t-il dit.

"J'invite fortement (le gouvernement, NDLR) à répondre à nos revendications, que nous ne sommes pas seuls à porter (...), sinon il y aura une mobilisation de la CFDT. Je suis sans ambiguïté", a-t-il ajouté.

"NETTEMENT INSUFFISANT"

Manuel Valls a déclaré dans le Journal du Dimanche qu'il pourrait accéder au moins en partie aux exigences de la CFDT, de l'Unsa, de la CFTC et de la CFE-CGC.

Interrogé sur la possibilité de supprimer les dispositions sur la barémisation des indemnités prud’homales et la définition des licenciements économiques, il a répondu que "ces deux points fer(aient), bien sûr, l’objet d’améliorations."

"Concernant la barémisation pour les prud’hommes, disposition attendue par les chefs d’entreprise, des adaptations peuvent être possibles sans la remettre en cause", a-t-il ajouté.

Mais une telle réécriture ne suffira pas à amadouer la CGT ou FO, affirment leurs dirigeants.

"C'est nettement insuffisant", a déclaré lundi matin sur Sud Radio et LCP le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, reçu en fin de matinée à Matignon.

"Le projet ne va pas du tout. Ce n'est pas la peine de mettre un petit coup de peinture sur un ou deux points, ça ne sera pas suffisant. Il y a vraiment un problème de fond qui traverse l'ensemble du projet", a-t-il ajouté.

Comme FO, la CGT exige l'abandon de la réforme, préalable à des négociations susceptibles d'aboutir à un projet entièrement refondu.

"Aucun syndicat de salariés n'est d'accord avec ce texte. Et donc il faut remettre les compteurs à zéro et rediscuter", a déclaré lundi son secrétaire général, Philippe Martinez, sur France 2.

Le gouvernement doit recevoir à nouveau les partenaires sociaux lundi prochain, cette fois lors d'une réunion plénière, puis examinera la version retouchée du texte lors du conseil des ministres du 24 mars.

L'avant-projet a soulevé une vague de contestation syndicale mais aussi au sein de la gauche, jusque dans les rangs du Parti socialiste. La ministre du Travail, Myriam El Khomri, doit se rendre lundi soir au bureau national de la formation.

Sur internet, une pétition lancée il y a un peu plus de deux semaines par des syndicalistes et des militants associatifs a recueilli plus d'un million de signatures.

(Simon Carraud, avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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