Macron pragmatique sur les nouvelles obligations des entreprises

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MACRON PRAGMATIQUE SUR LES NOUVELLES OBLIGATIONS DES ENTREPRISES
MACRON PRAGMATIQUE SUR LES NOUVELLES OBLIGATIONS DES ENTREPRISES

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a exclu jeudi de revenir sur le compte pénibilité et le droit d'information préalable sur les projets de cession de PME tout en prônant une concertation pour rendre leur application "supportable" par les entreprises.

Face aux critiques du patronat, le ministre de l'Economie a en outre estimé qu'il fallait d'abord mener à bien les baisses de charges sociales et fiscales promises aux entreprises avant d'envisager d'aller plus loin comme le réclament déjà certains.

Au vu de la situation des finances publiques, "Pensez-vous raisonnablement que nous pouvons expliquer aux Français que nous pouvons faire beaucoup plus" que les 50 milliards d'euros d'économies publiques et les 41 milliards de baisses de charges et d'impôts pour les entreprises programmées d'ici 2017, a-t-il déclaré.

"Je dis à ceux qui demandent déjà une nouvelle tranche qu'il faut déjà que nous exécutions la première", a-t-il ajouté lors des Assises de l'entreprise organisées par l'hebdomadaire l'usine Nouvelle.

"Je ne peux pas accepter ce discours tant qu'il y a encore des branches qui refusent de négocier" des contreparties aux aides", a-t-il encore dit. "Il faut aller au bout de cette démarche".

Deux mesures concentrent les critiques des chefs d'entreprise, notamment des petits patrons, le compte pénibilité lié à la dernière réforme des retraites et l'obligation faite aux patrons de PME d'informer en amont les salariés de tout projet de cession de leur entreprise.

"INSUPPORTABLE POUR CERTAINS"

Pour Emmanuel Macron, une abrogation de ces textes votés par le Parlement ne témoignerait pas d'un bon fonctionnement de la démocratie.

Mais il a concédé qu'il pouvait y avoir une "difficulté quand des idées fortes, intéressantes, progressistes rencontrent le réel" et que la complexité "insupportable pour certains" des dispositifs mis en place nécessitait une approche pragmatique.

La solution est, selon lui, de créer des missions parlementaires avec des professionnels "pour que le législateur puisse regarder la réalité de la situation et se rendre compte."

"Ce sont des gens qui veulent que les choses aillent mieux. Quand vous les mettez autour de la table avec les industriels, avec les patrons de PME, ils vont eux-mêmes voir qu'il faut aménager le dispositif" sur l'information des cessions des PME.

De même, s'agissant du compte pénibilité, Emmanuel Macron a estimé que, en parallèle à la mission confirmée par le gouvernement à l'ex-DRH de Renault Michel de Virville sur sa mise en oeuvre, il fallait "là aussi un lien avec le législateur" pour mener un "double travail de suivi de ce qui est possible et pas possible de faire".

L'objectif est "d'aménager ces dispositifs pour qu'ils soient en conformité avec ce qui a été voulu par le législateur mais supportable".

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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  • .jpeg le mercredi 5 nov 2014 à 13:48

    Surprenant le choc de simplification !