Les ventes de tabac repartent timidement à la hausse

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Profitant d'une accalmie sur les prix, la vente au détail redémarre légèrement.

Après cinq années de baissede leurs ventes de cigarettes due à une hausse des prix, à l'explosion du trafic et aux achats légaux à l'étranger, les buralistes doivent retrouver (un peu) le sourire. Selon les chiffres dévoilés par Logista France, l'opérateur qui livre la quasi-totalité des bureaux de tabac de l'Hexagone, les ventes de tabac sont reparties à la hausse en 2015 avec une progression de 1,4% de la distribution dans les points de vente (soit 42,3 milliards de cigarettes vendues).

Entre janvier et septembre, 34,191 milliards de cigarettes ont ainsi été livrées dans les points de vente en France. C'est plus que les 33,99 milliards pour 2014 sur la même période. Même si la progression est minime (+0,6% sur le volume, et même une baisse de 0,8% en valeur), c'est une nouvelle positive pour les détaillants ayant eu à subir des hausses multiples de la charge fiscale sur la vente de cigarettes, en attendant la mise en place du paquet neutre en 2016, mesure très décriée par la profession.

En regardant de près les données de la vente au détail, les chiffres montrent que ce sont les tabacs à rouler et à tuber qui tirent en réalité les volumes vers le haut. Ce segment a en effet connu, lui, une hausse qui n'a rien de symbolique: +6,4% sur la période. Près de sept milliards d'unités en ont été distribués au détaillant, soit 20% des volumes totaux. A l'inverse, le cigare, lui, continue son déclin avec une baisse de 2,6% des volumes. Paradoxalement, ce segment a connu une hausse de 0,6% de la valeur, laissant penser à une montée en gamme des produits vendus, pour un mode de consommation qui lui diminue constamment.

Stabilité des prix

Comment expliquer ce regain? Selon une source proche du secteur et rapportée par l'AFP, ce léger retour en grâce du détaillant dans les habitudes d'achat serait dû à «une certaine accoutumance aux prix français (du fait de leur stabilité) et à la moindre attractivité des voyages pour s'approvisionner». Dit autrement, ce n'est pas tant le montant du paquet français qui fait fuir le consommateur, mais sa hausse constante qui encourage à trouver d'autres modes d'approvisionnement. Or, après des augmentations en rafale depuis plusieurs années, le secteur a connu une accalmie durable puisque plus aucune hausse n'est intervenue depuis janvier 2014. Le gouvernement semble vouloir user d'autres moyens pour décourager la consommation. Le paquet neutre, symbolique de cette nouvelle stratégie, doit rentrer en principe en application en mai 2016. Un moment qui sera sans doute délicat à gérer pour la profession qui s'attend à des baisses des ventes. Mais les prix devraient malgré tout rester stables, Marisol Touraine avait même explicitement annoncé que le paquet à 10 euros (il coûte aujourd'hui entre 6,50 et7 euros) «n'est pas un objectif poursuivi par le gouvernement».

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