Les USA signalent leur premier cas de bactérie ultrarésistante

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PREMIER CAS DE BACTÉRIE ULTRARÉSISTANTE SIGNALÉ AUX USA
PREMIER CAS DE BACTÉRIE ULTRARÉSISTANTE SIGNALÉ AUX USA

NEW YORK/ISE-SHIMA, Japon (Reuters) - Les autorités sanitaires américaines ont annoncé jeudi le premier cas dans le pays d'une patiente atteinte d'une infection qui résiste à tous les antibiotiques connus.

La patiente, une habitante de Pennsylvanie âgée de 49 ans qui n'a pas voyagé au cours des cinq mois écoulés, est victime d'une infection urinaire qui n'a même pas pu être endiguée par la colistine, souvent considéré comme l'antibiotique de dernier recours, quand tous les autres ne font pas effet.

Selon une étude parue jeudi dans une publication de l'American Society for Microbiology, la superbactérie a elle-même été infectée par un plasmide, une molécule d'ADN, qui a transmis un gène, le MCR-1, conférant cette résistance à la colistine.

C'est la première fois que le MCR-1, repéré l'an dernier en Chine chez des hommes et des porcs, est signalé aux Etats-Unis.

Aux Etats-Unis, la résistance aux antibiotiques est jugée responsable de 23.000 décès par an et d'au moins 2 millions de maladies.

Comme dans les autres pays, elle s'explique essentiellement par la surprescription d'antibiotiques par les médecins et leur utilisation extensive par les vétérinaires.

Les experts avertissent depuis les années 1990 quant au risque de développement de superbactéries mais peu de laboratoires se sont lancés dans des recherches pour trouver la parade.

En janvier dernier, plusieurs dizaines de sociétés pharmaceutiques, dont des géants du secteur comme Pfizer, Merck ou GlaxoSmithKline ont signé une déclaration par laquelle ils appellent les Etats à proposer des incitations pour investir dans ce domaine.

A Ise-Shima, au Japon où se déroulait le sommet du G7, le Premier ministre britannique David Cameron devait présenter vendredi une initiative visant à rémunérer les laboratoires développant de nouveaux antibiotiques.

Dans une étude mandatée par le gouvernement britannique et publiée la semaine dernière, l'ancien économiste en chef de Goldman Sachs Jim O'Neill propose entre 1 et 1,5 milliard de dollars de récompense pour tout nouvel antibiotique sur le marché.

Jim O'Neill estime que la résistance aux antibiotiques pourrait provoquer 10 millions de décès supplémentaires par an et coûter jusqu'à 100.000 milliards de dollars d'ici 2050 si elle n'est pas combattue.

"Nous risquons de vivre dans un monde post-antibiotique. C'est la fin des antibiotiques si on n'agit pas en urgence", a estimé jeudi Thomas Frieden, directeur des centres américains de contrôle et de prévention des maladies.

(Ransdell Pierson et Bill Berkrot à New York, Kylie MacLellan à Ise-Shima; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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  • dotcom1 il y a 6 mois

    Le 14 mars 1941, Albert Alexandre est mort de jardinage. Il avait été griffé à la figure par un rosier. A méditer... C'était avant l'invention des antibiotiques...

  • Berg690 il y a 6 mois

    Les bactéries aussi sont plus productives aux US

  • lm123457 il y a 6 mois

    Je cite la cause : "surprescription d'antibiotiques par les médecins et leur utilisation extensive par les vétérinaires.". Pour info, jusqu'à peu le volume de prescription d'antibiotiques pour les élevages était le même que celui pour les humains en France. Et aux EUA où ils ont des hormones de croissance pour les vaches fassent plus de lait, elles ont des maladies et donc des antibiotiques. Je ne m'étonne pas que cela arrive aux EUA en premier. Bien fait pour eux. Hélas, ca nous retombera dessu

  • clermon1 il y a 6 mois

    Proposons des traitements alternatifs plutôt que d'investir dans de nouveaux traitements antibiotiques... qui repoussent le problème pour les générations suivantes. Ces solutions elles existent mais le monde de la médecine humaine et animale est sourd et aveugle.