Les témoins de la grande pêche

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Le Marité à Chausey.
Le Marité à Chausey.

Depuis quand n'avez-vous pas mangé de morue ni senti son odeur caractéristique ? Peu courante aujourd'hui, celle-ci, tenace, a pourtant marqué le destin du Marité, un voilier qui, parmi tant d'autres, a fait de la grande pêche sa spécialité. Au départ de sa première campagne en 1924, cela fait déjà trois siècles que, dans les ports français, on hisse les voiles en direction de Terre-Neuve pour traquer la morue, un véritable trésor, alors.

Lorsque les Européens arrivent dans cet archipel, ils découvrent très vite la richesse des fonds marins. En 1520, Le Journal de la vicomté de Fécamp mentionne pour la première fois l'arrivée des chargements de morue : "Jehan Pailherbe, Maistre de navyre de fescamp, demande congé de descharger ung millié de moreeulx..." Français, Anglais, Portugais et Espagnols se ruent alors vers cette région : ils arment, à eux tous, jusqu'à 330 navires pour profiter de cette manne. Quatre mois de voyage, une moyenne de 157 000 morues par bateau : une aubaine à ne pas rater ! Hélas, les côtes de Terre-Neuve se transforment rapidement en champs de bataille où s'affrontent en permanence deux nations rivales : la France et l'Angleterre. Les monarchies respectives y voient le moyen d'asseoir leur souveraineté.

Du jour au lendemain, bateaux de pêche et marins sont plongés de force dans une guerre sans fin, à la fois acteurs et victimes. Le voyage devient si périlleux qu'en 1765 la Division navale de...

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