Les taux du crédit immobilier remontent depuis quatre mois

le , mis à jour à 18:40
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Les taux du crédit immobilier poursuivent une légère tendance haussière depuis quatre mois, sans que cela ne présage des évolutions futures.
Les taux du crédit immobilier poursuivent une légère tendance haussière depuis quatre mois, sans que cela ne présage des évolutions futures.

Le taux moyen des prêts immobiliers en France est remonté pour le quatrième mois consécutif en octobre. Le mouvement reste néanmoins marginal et rien n’indique que ce mouvement est voué à se poursuivre dans l’immédiat.

Le taux moyen du crédit immobilier continue sa très lente remontée en France. Il s’établit fin octobre à 2,22% (hors assurances) selon l’observatoire Crédit Logement, contre 2,19% en septembre et après un point bas à 2,01% en juin.

Le mouvement est un maigre rebond suite à une baisse continue depuis trois ans, déjà initiée plus tôt à l’époque de la crise financière de 2008-2009. En six ans, les taux du crédit immobilier sont passés d’environ 5% à 2%. Ce mouvement semble désormais s’arrêter.

Par ailleurs, la légère remontée du taux moyen s'explique par l'allongement de la durée moyenne des prêts. Les banques se tournent de nouveau vers les prêts de très long terme pour des durées de 25 à 30 ans. La durée moyenne des emprunts immobiliers est ainsi désormais de 18 ans, au plus haut depuis cinq ans.

Pas de tendance nette pour les prochains mois

Rien n’indique cependant que le léger rebond du taux moyen de crédit immobilier au cours des derniers mois soit voué à se poursuivre dans l’immédiat.

Sur longue période, une corrélation s’observe entre l’évolution des taux du crédit immobilier et les taux d’emprunts de l’Etat français. Ces derniers définissent en effet une forme de « taux sans risque » à partir desquels s’ajoute une « prime de risque » pour chaque emprunteur individuel en fonction de de ses qualités d’emprunteur. L’évolution des taux d’emprunt de l’Etat français se répercute ainsi sur l’évolution des taux du crédit immobilier des particuliers.

Pour réaliser une moyenne, on regarde généralement l’évolution du taux d’emprunt français à 10 ans pour avoir une idée de l’évolution tendancielle du taux moyen de crédit immobilier.

Or, depuis le début de l’année, l’OAT (emprunt à 10 ans) a connu trois phases distinctes. De janvier à avril, le taux a nettement baissé, passant de 1% à 0,4% avec le lancement du « quantitative easing » européen. En mai-juin, le taux est remonté, passant à 1,2%. Depuis cette date, le taux suit une lente tendance baissière, revenant sous les 1%.

En comparaison, les taux du crédit immobilier ont baissé moins vite que les taux de l’OAT en début d’année, ce qui a permis d’amortir une bonne partie du rebond qui s’est observé au printemps. Les taux du crédit immobilier sont remontés jusqu'en octobre pour finir d’intégrer le rebond des taux d’emprunt d’Etat qui se sont maintenus à un niveau assez élevé jusqu’à la mi-septembre. Mais le mois prochain, les taux du crédit immobilier devraient suivre la récente tendance baissière de l'OAT.

Impact inconnu de la BCE pour les mois à venir

Difficile en revanche d’anticiper l’effet à venir d’une éventuelle accélération du « quantitative easing » de la BCE qui pourrait être annoncée le 3 décembre prochain.

À court terme, une accélération des montants mensuels de rachats de la BCE sur le marché obligataire pourrait tirer les taux à la baisse comme cela fut le cas en début d’année 2015.

À plus long terme néanmoins, la relance a pour but de faire revenir davantage d’inflation en zone euro, ce qui tirerait cette fois-ci les taux à la hausse.

Le flou subsiste donc sur la direction à venir des taux du crédit immobilier à moyen terme. La plupart des économistes estiment néanmoins que les taux devraient rester bas pendant un certain temps alors que l’inflation en Europe reste nulle sur les 12 derniers mois d’après les chiffres du mois d’octobre fournis par Eurostat.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • sibile le samedi 7 nov 2015 à 12:17

    c'est le moment d'acheter ; les taux et les prix risquent d'augmenter à partir de 2016

  • rillouto le vendredi 6 nov 2015 à 21:12

    vous résumez tous tres bien la situation,ce qui est siderant,c'est qu'ils nous menent le meme discours et la meme mise en oeuvre du "systeme",et ne veulent pas comprendre,que ,depuis l'ultime revolution humaine,qui est "internet",nous ne sommes malheuresement (pour eux) plus des moutons ^^ils auront beau nous faire tous les effets d'annonce qu'ils veulent,mais si le peuple n'a plus les moyens de faire des credits..... ^^

  • cyrilbe9 le vendredi 6 nov 2015 à 19:26

    perso je préfère emprunter 150000 euros a 4 % que 250000 a 2 % ? LES taux sont bas l 'immo est haut , les taux sont haut l'immo est bas , perso je préfère cette dernière solution, j'ai acheté en 2003 et revendu ces temps avec 50% de plus valu , par contre ceux qui achètent depuis 2007, c'est terminé , l'immo a eu sa gloire.............

  • M2030489 le vendredi 6 nov 2015 à 17:48

    @melvyn : la mensualité d'assurance dans votre tableau d'amortissement est constante tout au long du temps de remboursement du crédit alors que le capital et donc le risque est amorti...Cependant, si on devait assurer le capital restant dû, la mensualité d'assurance au début du prêt serait certainement plus importante égalementIl y a eu des recours je crois contre ces versements "indus" au profit des assureurs qui ne sont autres que des émanations des banques elles-mêmes

  • soulamer le vendredi 6 nov 2015 à 17:47

    0,01 c'est une hausse? l'inflation varie a chaque seconde ...quelle blague c'est pour faire rentrer des gens ...genre demain ce sera plus cher...les prix de l'immo baisse toujours

  • domsko le vendredi 6 nov 2015 à 17:18

    Maintenant on est plus dans le mensonge mais dans la tromperie (fallacieux) dans presque tous les domaines.C'est pire! + la dématérialisation = un bon cocktail

  • lechypre le vendredi 6 nov 2015 à 17:01

    n'importe quoi^^...on nous dit l'inverse hier...et concrètement les banques qui ont essayés de remonter un peu leur taux ont bien senti la concurrence...n'est ce pas ??

  • melvyn1 le vendredi 6 nov 2015 à 16:40

    miemonn, vous etes certaine ? l'assurance assurerait le capital emprunté et non plus le solde restant ?

  • mlemonn4 le vendredi 6 nov 2015 à 16:32

    Contrairement à ce que l'on pense, les marges sur les prêts immobiliers des banques n'ont jamais été aussi élevées les baisses de taux ne sont pas entièrement répercutées; leur nouveau tour de passe passe sur les crédits immobiliers, en accord avec leurs assureurs, c'oncerne l'assurance emprunteur dont le cout a flambé; car maintenant elles n'assurent plus le capital restant du après chaque échance, mais le capital initial emprunté quelque soit le capital remboursé sur la période! Juteux!!!