Les secteurs protégés, clés pour la compétitivité, selon une étude

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A STOCK BROKER CONDUCTS BUSINESS IN BOMBAY, INDIA.
A STOCK BROKER CONDUCTS BUSINESS IN BOMBAY, INDIA.

PARIS (Reuters) - Baisser le prix des services dans les secteurs abrités de la concurrence internationale est une clef du redressement de la compétitivité des entreprises françaises qui y sont exposées, selon une étude de France Stratégie publiée mardi.

L'étude de cet organisme placé auprès du Premier ministre va dans le sens du projet de loi sur le pouvoir d'achat, annoncé pour septembre par l'ex-ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, qui vise notamment à réduire la protection de certaines professions réglementées pour faire baisser leurs prix.

L'auteur de l'étude, Mouhamadou Sy, cite notamment les secteurs de l'immobilier, des services aux entreprises et des services juridiques et comptables.

Il souligne plus largement que "dans les secteurs protégés, la forte progression des coûts unitaires salariaux et l'absence de concurrence se traduisent par une évolution dynamique des prix et donc des coûts des intrants des secteurs exposés".

Ainsi, les prix des biens et services non échangeables ont augmenté de 25% entre 2000 et 2010 là où ceux des biens et services des secteurs exposés ont diminué de 10%.

"Dans le secteur ouvert à la concurrence internationale, la hausse des salaires a évolué de pair avec celle de la productivité. C'est dans le secteur abrité que les salaires ont dérapé, et plus particulièrement dans les services dont l'industrie à besoin", indique l'étude.

Des réformes et une modération salariale dans ces secteurs abrités aideraient la France à contenir son "taux de change interne", qui reflète le différentiel de compétitivité prix avec ses partenaires de la zone euro, et à résorber ses déficits extérieurs, poursuit Mouhamadou Sy.

Une autre étude publiée cette semaine par la direction du Trésor montre que les coûts salariaux ont été contenus ces dernières années dans le secteur manufacturier en France par rapport à certains de ses voisins, notamment grâce à des gains de productivité plus élevés.

"En revanche, la France se distingue par l'évolution des rémunérations salariales dans le secteur des services marchands, qui ont crû au même rythme que celles de l'industrie manufacturière (pour des gains de productivité inférieurs), ce qui n'est pas le cas dans les autres grands pays de la zone euro", poursuit l'étude du Trésor.

(Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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  • salar12 le mardi 2 sept 2014 à 16:18

    Et quid des services fournis par des fonctionnaires en France mais intégrés dans les services marchands ailleurs?

  • picokrab le mardi 2 sept 2014 à 15:20

    @m886 ... et c'est pour ça qu'on les appelle "protégés"

  • M8869453 le mardi 2 sept 2014 à 15:08

    En gros, les secteurs protégés se goinfrent, sans prendre aucun risque...