Les routiers démarrent une semaine de grèves

le , mis à jour à 13:01
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DÉBUT D'UNE SEMAINE DE GRÈVES RECONDUCTIBLES
DÉBUT D'UNE SEMAINE DE GRÈVES RECONDUCTIBLES

PARIS (Reuters) - Les routiers ont inauguré mardi une semaine de grèves reconductibles, notamment dans les transports, destinées à relancer la mobilisation contre la loi Travail qui s'était nettement essoufflée la semaine dernière.

Sept syndicats ont maintenu deux nouvelles journées de manifestations ce mardi et jeudi en dépit du passage en force du gouvernement, qui a eu recours à l'article 49-3 de la Constitution pour faire adopter le texte en première lecture.

Si les opposants (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) veulent croire qu'un recul du gouvernement est toujours possible d'ici la seconde lecture du texte, François Hollande a affirmé mardi matin que la loi El Khomri passerait.

"Je ne céderai pas parce qu'il y a eu trop de gouvernements (...) qui ont cédé, d'où l'état du pays que j'ai trouvé en 2012", a-t-il dit sur Europe 1.

La CGT, qui mène la danse de la protestation avec des mots d'ordre durs, mise sur les grèves à répétition pour inverser le rapport de force.

"On est au-delà du bras de fer. On n'a aucune raison d'arrêter le mouvement, ce projet de loi n'est ni amendable, ni négociable. La posture de François Hollande ne nous surprend pas, il ne fait que montrer au grand jour le visage anti-social de ce gouvernement", a répondu Olivier Mateu, secrétaire général de la CGT dans les Bouches-du-Rhône.

Les chauffeurs routiers, mobilisés contre "l'inversion de la hiérarchie des normes", c'est-à-dire le fait que les accords d'entreprises puissent primer sur le Code du travail ou les conventions collectives, ont donné le coup d'envoi dans la nuit de lundi à mardi.

Les fédérations FO, CGT et Sud-Solidaires ont appelé à une grève reconductible avec le blocage de zones logistiques et de sites dits sensibles, ainsi que la tenue de barrages filtrants et d'opérations escargot.

PERTURBATIONS MERCREDI À LA SNCF

Des chauffeurs-routiers, accompagnés de membres de "Nuit debout" et d'intermittents du spectacle, ont quitté dans la nuit leur point de blocage à Cestas en Gironde, pour installer un nouveau blocus devant les transports Perguilhem à Ambès, près de Bordeaux, a-t-on appris en fin de nuit auprès des organisateurs.

Des actions similaires ont été menées à Caen, Rouen, Nantes, Lanester (Morbihan), Tancarville, près du Havre, Saint-Omer (Pas-de-Calais), provoquant d'importants bouchons, selon le Centre national d'informations routières. D'autres opérations ont eu lieu à Lyon, Limoges, Valenciennes, Perpignan, Lille et près de Marseille, selon les syndicats.

La CGT a également prévu de bloquer les ports du Havre, de Nantes-Saint-Nazaire et de Marseille.

"Aujourd’hui le mouvement s’intensifie, comme au port où un arrêt de travail de 72 heures a été voté. La réaction de François Hollande n’arrange rien. Il joue le tout pour le tout, c’est dangereux pour le pays", a dit Pascal Galéoté, secrétaire général CGT du port de Marseille.

A la SNCF, la CGT-cheminots et SUD-rail appellent à la grève reconductible à la SNCF à la fois pour peser dans les négociations sur les conditions de travail des cheminots et protester contre le projet de loi Travail.

Les organisations ont opté pour des modalités différentes de grève, chaque mercredi et jeudi pour la CGT-Cheminots et tous les jours pour Sud-Rail.

La SNCF prévoit des perturbations du trafic mercredi avec en moyenne 2 TGV roulant sur 3, 3 RER sur 4 (sauf E), 6 Transilien sur 10, 4 Intercités sur 10 et 1 TER sur 2.

Le trafic aérien devrait être perturbé jeudi avec l'appel à la grève lancé par l'Usac-CGT, premier syndicat de la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC). L'impact sur la navigation aérienne devrait connu mardi.

La fédération des syndicats CGT du pétrole a quant à elle lancé un appel au blocage progressif des produits pétroliers entre mardi et jeudi, avant la tenue vendredi d'assemblées générales pour décider de l'éventualité d'une grève reconductible ou de la mise à l'arrêt des sites.

(Gérard Bon, avec service France, édité par Yves Clarisse)

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