Les Républicains soldent le premier gros litige de la primaire

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ACCORD SUR LE VOTE DES EXPATRIÉS À LA PRIMAIRE DE LA DROITE
ACCORD SUR LE VOTE DES EXPATRIÉS À LA PRIMAIRE DE LA DROITE

PARIS (Reuters) - Les Républicains se sont accordés mardi soir sur une formule de compromis pour le vote des expatriés à la primaire de la droite, objet d'un conflit entre Nicolas Sarkozy et ses rivaux qui l'ont de nouveau mis en garde sur la régularité du scrutin.

Deux semaines après le bureau politique qui avait modifié les modalités de vote des quelque 1,2 million de Français de l'étranger sous l'impulsion du président de LR - ce en l'absence de ses principaux concurrents -, les protagonistes de la primaire se sont retrouvés mardi soir dans un climat tendu.

"Pas besoin de s'énerver!", a ainsi lancé Nicolas Sarkozy à Alain Juppé, favori des sondages pour l'investiture présidentielle, qui contestait les motifs du revirement de l'ancien chef de l'Etat, selon des participants à la réunion.

Nicolas Sarkozy avait invoqué le 4 mai le respect du "principe constitutionnel du maintien de l’égalité des citoyens devant le vote" pour demander que les expatriés votent par bulletins, comme en métropole, alors que le recours au vote électronique faisait jusqu'ici consensus.

Alain Juppé a jugé mardi que l'argument était "inutile" et "peu convaincant", selon des participants.

Le "BP" a finalement adopté à l'unanimité une solution proposée par le comité d'organisation de la primaire, présidé par le député Thierry Solère, qui inscrit dans la Charte de la primaire la possibilité d'un double mode de scrutin pour les expatriés.

"ÉQUITABLE"

Un vote papier sera organisé dans la trentaine de grandes métropoles (Londres, Genève, Bruxelles...) où résident des Français et le vote électronique sera maintenu dans les zones où il est matériellement impossible ou interdit par la réglementation du pays d'installer un bureau de vote.

"Chacun a fait un pas vers l'autre. L'idée qu'il y ait un vote papier dans la plupart des grandes villes où résident la plupart des Français de l'étranger est une bonne idée, c'est équitable", a estimé Eric Woerth, secrétaire général des Républicains.

La Haute autorité chargée du bon déroulement de la consultation des 20 et 27 novembre avait avalisé cette formule avant la réunion du bureau politique.

L'instance, saisie le 5 mai notamment par Alain Juppé, François Fillon et Bruno Le Maire, avait désavoué Nicolas Sarkozy et demandé de reconsidérer la question afin de garantir un vote effectif pour les expatriés.

"La décision d'ouverture de bureaux de vote à l'étranger est adoptée au plus tard le 15 juillet 2016, après accord des autorités des Etats sur le territoire desquels ils sont établis et sous réserve que la sécurité des électeurs soit garantie", est-il notamment stipulé dans la proposition d'amendement.

"En cas d'impossibilité matérielle d'organisation du scrutin dans une circonscription d'outre-mer, la Haute autorité décide (...) de recourir en tout ou partie à un scrutin par voie électronique".

La Haute autorité a précisé dans un communiqué qu'elle déciderait de l'ouverture de chaque bureau de vote à l'étranger et veillerait à ce que tout électeur puisse prendre part au scrutin dans des conditions satisfaisantes.

PLAIDOYER POUR LA HAUTE AUTORITÉ

Les modalités de vote seront arrêtées d'ici au 15 juillet.

"On va pouvoir organiser un vote dans des bureaux de vote si les pays concernés nous donnent l'autorisation, si c'est raisonnable sur le plan de la sécurité. En Europe, bien sûr ça l'est, mais je pense au continent africain, au Moyen-Orient....", a expliqué sur BFM TV Thierry Solère.

"Le 15 juillet prochain, je proposerai à la Haute autorité la liste des endroits où on pourra voter dans des bureaux de vote et sinon tout le reste, ça sera par internet", a-t-il dit.

Après ce premier accroc notable dans l'organisation du scrutin, Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet ont souligné la nécessité d'accorder à la Haute autorité une pleine souveraineté sur les modalités de la consultation.

"La Haute autorité doit reprendre la main pour garantir la totale sincérité du scrutin", a déclaré Bruno Le Maire.

Nicolas Sarkozy a défendu pour sa part les prérogatives du bureau politique.

"Le débat aura eu comme vertu de partager cette conviction (...) que c'est la Haute autorité qui in fine assure la crédibilité de la primaire", a commenté Nathalie Kosciusko-Morizet à l'issue de la réunion.

Les concurrents de Nicolas Sarkozy soupçonnaient une manoeuvre de sa part pour limiter la participation à un scrutin promis pour l'heure à Alain Juppé. Le président de LR, qui n'a toujours pas déclaré sa candidature, fonde ses espoirs dans le noyau dur des militants qui continuent de le plébisciter malgré une popularité nationale chancelante.

(Sophie Louet)

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