"Les réfugiés, une arme politique entre les mains du régime syrien"

le , mis à jour à 07:16
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Les pays du Golfe ont de l?espace et des moyens pour accueillir ces populations exilées. Mais il leur manque l?envie, assure Antoine Basbous. 
Les pays du Golfe ont de l?espace et des moyens pour accueillir ces populations exilées. Mais il leur manque l?envie, assure Antoine Basbous. 

Le Point.fr :

La question des réfugiés syriens a été au centre de la conférence de presse du président de lundi. Quelle est l'ampleur du phénomène ?

Antoine Basbous : Pour comprendre ce qui se passe, il faut avoir des ordres de grandeur. Sur une population de 22 millions d'habitants, la Syrie est confrontée à des mouvements de population qui touchent plus de 12 millions de personnes. Huit millions d'entre elles ont été déplacées à l'intérieur de ses frontières. Quatre millions ont trouvé refuge à l'extérieur. Principalement en Turquie, au Liban, en Jordanie et en Irak. Cette question des réfugiés est devenue une arme politique entre les mains du régime syrien, car elle pèse lourd sur l'échiquier local.Pourquoi ce déferlement n'intervient-il que maintenant, alors que la guerre civile a commencé en 2011 ?

C'est, en grande partie, une conséquence de la politique intérieure turque. Ce pays a vu affluer près de 2 millions de réfugiés en 5 ans. Leur présence sur ce territoire a pesé lourd dans le scrutin de juin dernier. Leur présence coûte cher à ce pays : près de 6 milliards de dollars depuis 2011. Recep Tayyip Erdogan est intervenu en Syrie : officiellement pour contrer Daesh. En réalité pour mater les Kurdes. Il veut désormais se débarrasser du maximum de réfugiés. Lorsqu'il a demandé la création d'une zone d'exclusion pour...

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