Les raffineries européennes n'achètent pas de pétrole à Daech

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PAS DE PÉTROLE DE L'EI DANS LES RAFFINERIES EUROPÉENNES
PAS DE PÉTROLE DE L'EI DANS LES RAFFINERIES EUROPÉENNES

par Gérard Bon

PARIS (Reuters) - L'Etat islamique (EI) fait face depuis 2015 à une baisse constante de ses ressources et les raffineries européennes ne contribuent pas à son financement par l'achat de pétrole, selon un rapport de parlementaires français.

La possibilité que des Etats européens, a fortiori la France, aient pu indirectement financer l'organisation était l'une des raisons qui ont poussé des députés à créer une mission d'information sur les moyens de Daech, l'acronyme de l'EI.

"On peut affirmer que les Etats européens ne participent pas au financement de Daech", a déclaré mercredi le président Les Républicains de la mission, Jean-Frédéric Poisson.

Il a également affirmé lors d'une conférence de presse que rien ne permettait d’établir que le cimentier français Lafarge, devenu LafargeHolcim, ou ses entités locales, "ont participé, directement ou indirectement, ni même de façon passive" à ce financement.

Selon Le Monde, avant de tomber entre les mains de l'EI, la cimenterie d’Al-Jalabiah appartenait au groupe Lafarge qui se serait arrangé avec lui pour pouvoir continuer à produire et exporter entre le printemps 2013 et la fin de l’été 2014.

"Il n'y a pas eu de participation de Lafarge", a assuré Jean-Frédéric Poisson.

La mission mise en place depuis décembre 2015 a entendu une soixantaine d'experts et s'est rendue dans plusieurs pays (Belgique, Pays-Bas, Etats-Unis, Suisse, Turquie, Arabie Saoudite) pour comprendre sur quels ressorts repose l'EI.

DEUX MILLIARDS DE DOLLARS

Le budget de l'organisation a atteint jusqu'à deux milliards de dollars de revenus par an - un chiffre aujourd'hui en baisse - et sa première source de financement vient des ressources naturelles (pétrole, gaz), souligne-t-elle.

Le pétrole seul aurait représenté un quart de ses ressources en 2015, avec un revenu évalué entre 250 et 600 millions de dollars, indique le rapport.

Au début de l’année 2016, Daech contrôlait une capacité de production de l’ordre de 30.000 barils par jour.

"À titre de comparaison, les États-Unis ont produit, en 2014, plus de 11 millions de barils par jour. Cela permet de relativiser le poids de Daech sur le marché pétrolier mondial", a souligné le rapporteur socialiste, Kader Arif.

L’utilité première du pétrole est d’alimenter les véhicules, blindés et chars qui participent à la puissance militaire de l'EI et d’exercer un certain contrôle sur la population locale.

Une autre source de financement est le trafic d'oeuvres d'art et d'antiquités, mais la mission estime qu'il n'existe "aucun chiffre sérieux", les estimations allant de quelques millions à 150 millions de dollars.

De même, le rapport estime qu'"aucun élément ne corrobore les accusations relatives au trafic de drogue", alors que l'existence de trafics d’êtres humains, accompagnés de pratiques barbares, est avérée.

12.000 HOMMES SEULEMENT

Selon le rapport, l'EI a également mis en place un "pseudo-système fiscal" qui s'apparente plus à des "mécanismes d'extorsion" et est en hausse pour combler la baisse des ressources pétrolières, notamment.

"Ce sont les seules ressources croissantes de l’organisation: de 360 millions de dollars en 2014, elles ont atteint entre 800 et 900 millions de dollars en 2015, avec la création de nouvelles taxes sur l’eau et l’électricité", écrivent les députés.

Pour la mission, l'ampleur des financements étrangers de l'EI est "source de fantasmes" alors qu’ils ne représentent qu’une infime part des ressources de l’organisation, estimée à environ 5 millions de dollars par an.

"Il n'y a pas de financement d'Etat de Daech", a assuré Kader Arif en réponse aux soupçons visant l'Arabie saoudite.

La mission, qui note l'affaiblissement des moyens militaires de l'EI avec ses revers, estime que ses effectifs sont passés de 35.000 combattants à 12.000 aujourd'hui, dont 600 Français.

En revanche, elle s'inquiète du professionnalisme de la propagande de Daech, capable d'adapter son discours à chaque âge, à chaque sexe et à chaque aire géographique, ses publications étant traduites en 11 langues.

"Les fournisseurs d’accès internet, d’applications en ligne et de réseaux sociaux ne semblent pas avoir pris la mesure de cette menace et doivent se doter d’outils et d’équipes performantes pour lutter contre la prolifération des discours extrémistes", déplore le rapport.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • titresyl il y a 7 mois

    si il disent qu'ils n'en achètent pas alors soyez certains qu'ils en écoulent une énorme quantité ......

  • M1360996 il y a 7 mois

    Les raffineries européennes n'achètent pas de pétrole à Daech >> Manquerait plus que cela...

  • frk987 il y a 7 mois

    Personne n'en n'achète mais ça se vend très bien...cherchez l'erreur.

  • CHANOMAR il y a 7 mois

    pff a la Turquie c est la meme chose