Les proches des victimes du 13 novembre reçues par les juges

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LES JUGES RECOIVENT LES PROCHES DES VICTIMES DES ATTENTATS DU 13 NOVEMBRE
LES JUGES RECOIVENT LES PROCHES DES VICTIMES DES ATTENTATS DU 13 NOVEMBRE

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Plus de six mois après les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, les juges chargés de l'enquête reçoivent à partir de ce mardi un millier de proches des victimes.

Au programme de cette rencontre prévue sur trois après-midi - mardi pour les attaques aux abords du Stade de France et contre des terrasses parisiennes, mercredi et jeudi pour l'attaque contre le Bataclan - : un compte rendu de l'avancée de l'instruction, mais aussi un temps de questions-réponses.

Faute de capacité appropriée au palais de justice de Paris, c'est l'Ecole militaire, dans le VIIe arrondissement, qui accueille ce rendez-vous très attendu par les familles.

"La rencontre en elle-même est importante. Elle est symbolique", dit Samia Maktouf, qui représente 17 victimes. "La demande des familles, c'est d'abord qu'on les comprenne, qu'on les considère, qu'on les respecte."

Les proches des 130 morts et environ 350 blessés "attendent d'être reconnus avec un statut de victimes", dit encore Jean Reinhart, qui défend 75 parties civiles.

Mais ils espèrent aussi obtenir des réponses de la part des six magistrats instructeurs chargés du dossier, accompagnés pour ces rencontres de trois représentants du parquet.

"On aimerait que les juges nous disent si on a des chances de monter plus haut" dans la chaîne de responsabilités, jusqu'aux commanditaires, dit ainsi Gérard Chemla, qui représente entre 70 et 80 victimes.

Certaines parties civiles souhaitent également des précisions sur le chemin emprunté par les djihadistes présumés avant les attentats, et les suites judiciaires prévisibles.

Comment Abdelhamid Abaaoud, chef opérationnel présumé des attaques, a-t-il pu revenir le soir même sur "les scènes de crime" et ne pas être inquiété ?

DES QUESTIONS MAIS PAS FORCEMENT DE RÉPONSES

Où en est la coopération avec des pays détenteurs d'informations potentiellement cruciales pour l'enquête comme la Belgique, où ont grandi des membres du commando, ou encore la Grèce et la Turquie, pays par lesquels certains ont transité ?

Que sait-on du rôle de Fabien Clain, vétéran de l'islamisme soupçonné de se trouver en Syrie, et voix de la revendication, par l'Etat islamique, des attaques ?

"Sur le fond, des questions seront posées. Est-ce que nous aurons les réponses à nos questions? Ça n'est pas d'une nécessaire évidence", souligne toutefois Gérard Chemla.

"Les victimes sont en attente de vérité sur les circonstances de la mort de leurs proches", dit Samia Maktouf, qui se prépare à déposer une plainte en Belgique contre les "graves dysfonctionnements" des autorités belges dans la surveillance de deux des djihadistes présumés, mises en lumière d'après elle par un rapport confidentiel de la police des polices locale.

Surtout, estime l'avocat Jean Reinhart, "elles ont besoin de voir que le dossier est bien pris en main".

L'une des revendications des familles vient juste d'être satisfaite, apprend-on de sources proches du dossier : les rapports d'autopsie, qu'elles réclamaient jusque-là, viennent d'être versées à l'enquête, indique-t-on. "Une des questions qui revient très souvent, c'est est-ce que mon fils ou mon mari, ou mon frère a souffert?", souligne Samia Maktouf.

Vendredi, les familles des victimes du 13 novembre ont été confrontées aux difficultés d'une telle enquête : Salah Abdeslam, seul suspect-clef des attentats entre les mains de la justice française a refusé de répondre aux questions des juges, faisant valoir son droit au silence.

(édité par Yves Clarisse)

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