Les procédures de Total Petrochemicals sur la sellette

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TOTAL PETROCHEMICALS DEVANT LA JUSTICE POUR l'EXPLOSION DE CARLING
TOTAL PETROCHEMICALS DEVANT LA JUSTICE POUR l'EXPLOSION DE CARLING

STRASBOURG (Reuters) - Le tribunal correctionnel de Sarreguemines (Moselle) a tenté de voir clair, lundi, sur le mode opératoire prescrit par Total Petrochemicals pour rallumer, dans son usine de Carling, une installation dont l’explosion a fait deux morts et six blessés en juillet 2009.

L’accident vaut à la filiale pétrochimique de Total et à l’ancien directeur de l’usine, Claude Lebeau, d’être jugés pour homicides et blessures involontaires.

Les deux ouvriers décédés, dont l’un était en formation, tentaient de rallumer le surchauffeur, un four à gaz qui augmente la température de la vapeur utilisée pour craquer le naphta, dérivé pétrolier à partir duquel sont produits l'éthylène et le propylène.

"Il n’y a qu’une seule manière de rallumer le surchauffeur", a affirmé à la barre Claude Lebeau, aujourd’hui directeur de la zone Est-Europe de la branche raffinage-chimie de Total.

"Manifestement, ça n’avait été compris par aucun de vos employés", a ironisé le président, Philippe Schneider, citant les descriptifs divergents recueillis par l’inspection du travail dans un rapport rédigé après l’accident.

Selon l'inspection du travail, les opérateurs jugeaient le modus operandi officiel "incomplet et inopérant".

Seule certitude, l’opération était rare et les opérateurs n'avaient pas l'habitude d'y procéder. Elle n’avait eu lieu que quatre fois au cours des deux années précédents, selon l’ancien directeur.

Un salarié d’une entreprise sous-traitante chargée de travaux d’étanchéité est venu témoigner du stress qui régnait sur le site à cause de cette panne du seul vapocraqueur en activité, survenu la nuit du 13 au 14 juillet.

"Toutes les cinq minutes pendant lesquelles le vapocraqueur ne fonctionne pas, c’est une Mercedes qui part en fumée", lui aurait dit un responsable de l'usine, des propos contestés par ce dernier mais corroborés par d’autres témoignages.

Du fait de l’explosion, le vapocraqueur est resté à l’arrêt pendant huit mois. Il a été définitivement éteint au mois d’octobre dernier pour cause de recentrage du site sur des activités plus rentables.

"C’est un accident qui nous a tous touchés. Aujourd’hui encore, c’est une blessure que d’évoquer ces événements", a témoigné Claude Lebeau à l’ouverture des débats.

Le procès doit s’achever vendredi.

(Gilbert Reilhac, édité par Simon Carraud)

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