Les primo-accédants, premières victimes de la crise de l'immobilier

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Le nombre de personnes achetant un logement pour la première fois a fondu depuis 2011, souligne une étude de Vousfinancer.com. La faute à des prix de la pierre encore élevés dans les villes, la crise économique et des banques exigeantes

Les primo-accédants, autrement dit, les personnes achetant un logement pour la première fois, sont les principales victimes de la crise du logement. «Leur part sur le marché immobilier n'a cessé de chuter depuis 2011 et la fin notamment du prêt à taux zéro dans l'ancien. Ils représentaient alors 55 % de nos clients et ils ne sont plus que 35 % cette année», constate Jérôme Robin, président du courtier en crédits immobiliers Vousfinancer.com. La part des moins de 30 ans a fondu. Ces derniers ont ainsi été à l'origine de 18,8 % des ventes d'appartements anciens entre septembre 2013 et septembre 2014, contre 19,6 % en 2013, ont constaté les notaires.

Léger mieux en 2014 grâce aux taux des crédits très bas

Certes, la baisse historique des taux des crédits immobiliers (entre 2,75 % et 1,7 % sur 20 ans hors assurance) a redonné un peu d'oxygène cette année aux primo-accédants, le plus souvent des ménages jeunes ou modestes. «Ainsi, pour une mensualité de 1000 euros par mois sur 20 ans, on peut emprunter 22.000 euros de plus qu'en janvier 2012 et 30.000 euros de plus qu'en janvier 2008», souligne une étude de Vousfinancer.com. Résultat, les primo-accédants sont un tout petit plus nombreux à devenir propriétaires qu'en 2013 (+3 % chez Vousfinancer.com). Ces derniers empruntent 10.000 euros de plus qu'en 2013 sur une durée plus courte (quatre mois de moins). En revanche, le montant de leur apport personnel n'a pas changé. Celui-ci s'élève en moyenne à 29.690 euros (13 % du montant de l'acquisition). Mais il n'était que de 23.293 euros en 2010.

Des prix encore trop élevés dans les zones tendues

«Si la part des primo-accédants est légèrement remontée, des freins subsistent pour un retour à court terme de cette clientèle», estime Jérôme Robin. Principal frein: des prix encore trop élevées dans les zones tendues. «Ils rendent l'écart entre le loyer et la mensualité d'un crédit trop important. A l'inverse, les baisses de prix dans les zones moins tendues ne rassurent pas les futurs acheteurs et contribuent à l'attentisme», précise-t-il. Les banques qui exigent au minimum 10 % d'apport personnel ont aussi leur part de responsabilité. Sans oublier bien sûr, la conjoncture morose et le chômage qui augmente.

«Les plus modestes sont hors jeu. Les jeunes primo-accédants se sont d'abord trouvés exclus du neuf, devenu trop rare et trop cher, pour une bonne part en raison de la flambée du foncier. Ils ont bien tenté de se replier sur l'ancien, mais les plus modestes en ont aussi été exclus à cause des prix et des hausses de frais et charges induites. Résultat, entre le 1er trimestre 2012 et le 4e trimestre 2014, les primo-accédants ont vu leur âge moyen passer de 33 à 35 ans», constate de son côté Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi. Dans son réseau, «l'acquéreur d'aujourd'hui a en, moyenne, 39 ans et dispose de 53.769 euros de revenus annuels; il fait un emprunt principal de 176.500 euros sur 17 ans et 7 mois».

Pourtant, les primo-accédants peuvent bénéficier de coups de pouce de la part des collectivités locales et de certaines villes qui cherchent à attirer de jeunes ménages: prêt à taux zéro (PTZ) à Paris, Toulouse, Metz et des subventions à Marseille, Toulon, Calais, Nice, Lorient... De plus, les conditions d'accès au prêt à taux zéro pour acheter un logement neuf viennent d'être élargies. «Mais, ces mesures sont insuffisantes», estime Jérôme Robin.

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  • CHAKHO le jeudi 11 déc 2014 à 18:45

    Merci à Sarkozy pour la bulle immobilière

  • nibuj le jeudi 11 déc 2014 à 17:05

    Les vieux ont récupérer le patrimoine et le garde jalousement.Les jeunes bossent au moins autant que l'on fait les vieux mais n'ont rien!

  • supersum le jeudi 11 déc 2014 à 12:11

    Mais qui apres va financer allocs land ?